A l’inverse des autres quartiers de Marseille le Camas n’est pas un ancien village. Il fut créé de toutes pièces en quelques années. En effet, jusqu’au début du siècle dernier on pouvait voir des grands domaines agricoles et des résidences d’été, très peu habitées.
André et Nicolas Chave ainsi que d’autres propriétaires vont faire de leur domaine un vaste projet d’urbanisme. Un nouveau style de construction déjà connu va se développer type « les 3 fenêtres marseillaises ». maisons construites pour le compte des propriétaires abritaient souvent des familles entières. Les étages supérieurs étaient aussi en prévision d’une location qui permettait d’assurer une rente pour les vieux jours.
L’origine de son nom apparaît pour la première fois au XIe siècle. Il avait, jusqu’alors, connu plusieurs appellations : Campus Marius, Cap Mars, Camp Mars, Campras, Camaras, Cams, Camas.
Cette visite du côté du boulevard Chave va nous faire découvrir des curiosités un brin insolites et souvent méconnues et nous faire rencontrer quelques personnages marseillais célèbres !
Et oui, tout d'abord, au niveau des personnalités du quartier, qui se souvient que la famille Pagnol habitait rue Tivoli et rue Terrusse, que Joseph Pagnol passa sa retraite au 66 cours Julien, que Fernandel est né au 72 boulevard Chave (le comité du vieux Marseille a d'ailleurs apposé une plaque sur la maison natale), que le pétomane qui fit ses débuts tonitruants au théâtre Chave (on peut voir encore devant la façade, une plaque explicative posée par la Mairie), que la rue des Trois Frères Barthélemy, porte en fait le nom des frères héros et martyrs de la Résistance.
Et si on prend le temps de regarder, on rencontre aussi des détails surprenants comme une "sonnette à tirette" conservée en l'état, ou encore les plaques de fonte des "Eaux de la Rose", ou enfin la statue du zouave de la rue Goudard.
D'ailleurs, puisqu'on est dans l'incongru, on s'arrêtera tout particulièrement à l'angle du boulevard Eugene Pierre et la rue Devilliers, devant la maison du "Tipe" ! Cela vaut le coup de connaître l'histoire ! En fait, c'est aux 1, 3 et 5 boulevard Eugène que trois curieux immeubles interpellent. Ils sont l'oeuvre d' un artisan originaire de Cucuron dans le Luberon, maçon particulièrement entreprenant mais pas diplômé, déçu d'avoir échoué au concours de l''école d' architecture Dominique Turcan. Il éleva ces bâtiments entre 1845 et 1847 et crut bon d y proclamer en façade : TIPE d'architecte sachant tout faire même sans diplôme. L'entreprenant bonhomme fit en outre placer son buste au fronton de l'immeuble.
Bon, il ne faut pas l'oublier non plus : le long du boulevard Chave si joliment réhabilité, on peut se souvenir du passé glorieux du fameux "68", ou encore, sans doute encore moins gai, d'une prison ouverte en 1857.