Le Sanctuaire de Notre-Dame de Vie remonte aux origines du Christianisme dans la région. Dès la fin du IVe siècle, une communauté chrétienne existe déjà à Venasque. Cette communauté fut rapidement assez importante pour avoir un évêque, résidant soit à Carpentras, soit à Venasque. Parmi ces premiers évêques, se trouve Saint Siffrein, un moine de Lérins, que les habitants de la région arrachèrent à son monastère pour en faire leur pasteur. La tradition rapporte qu’en ce VIe siècle, le moine-évêque ami de Saint Césaire d’Arles fit construire trois églises : l’une dédiée à la Mère de Dieu, l’autre à la Trinité, la troisième à saint Jean-Baptiste. La même tradition situe l’église dédiée à la Mère de Dieu à l’emplacement d’un temple païen, au bord de la Nesque, là même où s’élève le sanctuaire de Notre-Dame de Vie. Quant à l’évêque Bohétius, dont la pierre tombale se trouve au fond de la chapelle de Notre-Dame de Vie, il fut évêque de 583 à 604. En 1613, l’on fait appel aux religieux Minimes, disciples de saint François de Paule, pour qu’ils accueillent les pèlerins dans le Sanctuaire qui vient d’être reconstruit. Leur devise ‘charitas’ inscrite à la clé de voûte et au dessus de la porte d’entrée témoigne de leur présence. « Santa Maria de Vico » devient « Nostra Domina de Vita », à qui l’on confie la vie des petits enfants. Nombreux sont alors les pèlerinages organisés par les paroisses de la région. En 1929, une dame de la région parisienne, Mme Lemaire, s’installe à Notre-Dame de Vie. Elle a acquis les lieux, pensant que le climat conviendrait mieux à la santé de sa petite fille, mais celle-ci meurt en 1931. Madame Lemaire offre alors le sanctuaire et la propriété au Père Marie-Eugène, carme, « pour une œuvre du Carmel ». C’est ainsi qu’en 1932 le Père fonde avec Marie Pila l’Institut Notre-Dame de Vie. Notre-Dame de Vie en est la maison de formation et de ressourcement pour les membres qui apprennent ici la prière silencieuse, à l’école des Saints du Carmel : sainte Thérèse d’Avila, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Le Père Marie-Eugène meurt le 27 mars 1967, un lundi de Pâques. Sa cause de canonisation est en cours et les pèlerins qui continuent de prier la Vierge Marie (surtout le lundi de Pâques, à l’Ascension et le 15 août) s’adressent aussi au Père Marie-Eugène dont la tombe se trouve au pied de la statue de Notre-Dame de Vie, dans le chœur de cette chapelle. Suivant l’intuition du fondateur, l’Institut Notre-Dame de Vie cherche à réaliser un idéal de contemplation et d’action en plein monde pour porter à tous l’Amour de Dieu. Dans le Vaucluse, il propose des retraites spirituelles ouvertes à tous, et un groupe de prière mensuel à Carpentras. L’Institut Notre-Dame de Vie se compose de trois branches autonomes qui vivent du même esprit : branches féminine et masculine laïques, branche sacerdotale.