La Foun dé l'oli

English version below.
Gabian a eu une renommée dépassant les frontières nationales pour une roche très appréciée : Le pétrole !
Aujourd'hui abandonnée, cette exploitation fut d'abord artisanale pendant plus de 300 ans, pour devenir industrielle dans les années vingt.
L'or noir de Gabian est, avec le site Alsacien de Péchelbronn (« fontaine de poix »), la première exploitation pétrolière Française connue. Le pétrole était recueillit, flottant à la surface de l'eau d'une source.
L'huile de Gabian fut longtemps très célèbre pour ses vertus médicinales (remède miracle), puis utilisée comme énergie fossile.
Historique :
Exploitation artisanale, ou, la recherche du remède miracle :
C'est en partie grâce aux écrits des médecins que nous pouvons en retracer l'histoire.
La première description connue de suintements d'huile de pétrole près de Gabian date de 1605, même s'il est fort probable que son utilisation soit bien antérieure.
Le Docteur en médecine de l'Université de Montpellier, Esprit André, rédigea une plaquette de 20 pages : « Discours de la nature et propriété d'un certain suc huileux nouvellement découvert en la province du Languedoc, près d'un village nommé Gabian, Dioceze de Béziers que le vulgaire appelle huille ».
Le remède est « recommandé dans le traitement de la goutte, des douleurs d'oreilles, des taies des yeux, aux asthmatiques, et à ceux qui sont travaillez d'une vielle toux, beu avec un peu d'eau tiède ou plustost avec une decoction d'orge, d'ireos, d'hyssope, figues, passerilles et réglisse. »
Il donne également de bons résultats dans le traitement des diarrhées, des coliques, de « froideur de la matrice », des morsures de serpents, de la sciatique, etc.
« Il allege la douleur des dents si on en frotte les gencives... » et l'auteur ajoute :
« J'ay souvent ordonné de ce petroleum de Gabian pour des fluxions, tumeurs, galle, enfleures, coups, meurtrisseures, mal d'estomach, de râtelle, douleur de ventre, et pour plusieurs autres affections provenantes de cause froide..., mais je n'ay esté que bien rarement frustré de mon intention et effect attendu.. »
L'huile de Gabian fut commercialisée par J.-B. Daumont, marchand bourgeois de Paris, en 1678. Il obtient en août, un privilège pour la vente de l'huile de Gabian.
L'épicier Pomet dans son « Histoire générale des drogues », nous relate, en 1694, le fait que la production de la source avait bien diminué, puisque on ne « ramassait » plus l'huile noire que le lundi contre quotidiennement « autrefois ». On y apprend que « l'endroit est clos de murailles et gardé par un homme ».
Il est mentionné que, suite à la diminution du débit, l'huile de Gabian est souvent falsifiée (ajout d'huile d'olive).
En 1707, M. Rivière, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, écrivait : « La fontaine d'huile de pétrole est la seule que je sache, dans tout le royaume, de cette espèce ».
Autour de 1750, après disparition, la source est réhabilitée par l’Évêque de Béziers, Seigneur de Gabian. La remise en état permettant des exportations vers la Hollande, l'Allemagne et même en Amérique !
Plusieurs aménagements consécutifs seront alors effectués afin de collecter le précieux liquide.
En 1773 les moines du prieuré de Cassan réaménagèrent cette source et se réservèrent le monopole de l'exploitation, ainsi que de la vente du produit. De nombreuses études médicales mentionnent les vertus du « Gabagnol » jusque dans les années 1900, bien que la source soit tarie.
L'époque industrielle :
Entre 1865 et 1885 des forages sont effectués à proximité de la source, dont un sera productif pendant une brève période. Cela aura pour effet de tarir définitivement la Foun dé l'Oli.
Après la première guerre mondiale, la France a besoin de pétrole.
C'est grâce à l'étude d'un géologue Français, M. Barrabé, que l'année suivante, en 1924, la société Française Péchelbronn trouve le pétrole à la profondeur d'une centaine de mètres. Six puits seront productifs et exploités sur plus d'une trentaine de forages réalisés.
L'extraction cessera peut après 1950. La dernière guerre et la faible rentabilité condamnera l'exploitation.
Merci à Bruno pour l'utilisation des collections de cartes postales anciennes rassemblées par Messieurs Corbiere, Forez et Guillouët.
Géologie :
Le pétrole est une roche liquide carbonée d'origine naturelle. C'est une huile minérale, composée d'une multitude de composés organiques, essentiellement des hydrocarbures provenant de la décomposition d'organismes marins vivant il y a plusieurs millions d'années. La composition du pétrole dépend du lieu d'où il est extrait.
On nomme les pétroles en fonction de leur densité (d) par rapport à l'eau : légers si d < 0,8 et lourds si d > 1.
La formation du pétrole :
Le pétrole est un produit du passé géologique d’une région, issu de la succession de trois circonstances plutôt exceptionnelles :
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L'accumulation de matière organique.
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Sa maturation.
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Le piégeage des hydrocarbures.
Il faut un véritable concours de circonstances pour mener à la création d’un gisement de pétrole (ou de gaz).
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Accumulation de matière organique :
En règle générale, la biosphère recycle la quasi-totalité des déchets qu’elle produit. Cependant, une petite minorité de la matière « morte » sédimente, et est enfouie avec de la matière minérale (roche mère). Ce phénomène concerne des environnements particuliers, tels que les endroits confinés (lagunes, deltas,…), surtout en milieu tropical et lors de périodes de réchauffement climatique intense.
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Maturation de la matière organique :
Au fur et à mesure que de nouvelles couches de sédiments se déposent au dessus de cette strate riche en matières organique, la « roche-mère » ou « roche-source », voit ses conditions de température et de pression augmenter. La matière organique se transforme d’abord en kérogène. Si la température devient suffisante (le seuil est à au moins 50°C), et si le milieu est réducteur (pauvre en oxygène), le kérogène sera pyrolysé de façon extrêmement lente.
Le kérogène produit du pétrole et/ou du gaz naturel, qui sont des matières plus riches en hydrogène. Si la pression devient suffisante ces fluides s’échappent, ce qu’on appelle la migration primaire. La roche source a plusieurs dizaines, voire centaines de millions d’années quand cette migration se produit. Le kérogène reste en place, appauvri en hydrogène.
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Piégeage des hydrocarbures :
Les hydrocarbures expulsés, plus légers que l’eau, s’échappent jusqu’à la surface où ils sont oxydés, ou biodégradés (ce dernier cas donne des sables bitumineux), mais une minime quantité est piégée : elle se retrouve dans une zone perméable (généralement du sable, des carbonates ou des dolomites) qu’on appelle la « roche-réservoir », et ne peut s’échapper à cause d’une couche imperméable (composée d’argile, de schiste et de gypse), la « roche piège » formant une structure piège. Il existe plusieurs types de pièges. Les plus grands gisements sont logés dans des pièges anticlinaux.
Schéma du piégeage du pétrole :
Questions :
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Des bactéries transforment les matières organiques enfouies en kérogène. Quel est le facteur déterminant qui transforme le kérogène en pétrole et gaz ?
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Citez au moins trois pièges naturels qui permettent l'accumulation du pétrole.
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Le pétrole de Gabian était-il un brut léger ou lourd ?
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L'aqueduc souterrain reliant le bassin de captation (entrée de la source) et le bassin de recueillement (sous la cabane) présente des sondages destinés à provoquer des écoulements de pétrole. Combien dénombrez vous de sondages le long de cette galerie ?
Si vous pensez avoir les bonnes réponses, pouvez-vous d'abord me les envoyer avec un petit message par mail via mon profil (pas de réponse dans les logs s'il vous plait). Ensuite, en fonction de vos réponses, l'autorisation de logguer vous sera communiquée. Les logs sans autorisation seront malheureusement supprimés. J’apprécierai tout particulièrement les logs avec une photo de vous ou de votre GPS avec " La Fount dé l'Oli " en fond (sans que cela soit obligatoire bien entendu).
Rappel sur les Earthcache : Il n'y a pas de boite ou de logbook aux coordonnées données. Visitez simplement le site pour répondre aux questions par mail. Merci pour votre visite et respectez ce site !
English version. Thanks especially to Marianne for her translation.
For a time, Gabian was internationally renowned, for itshighly appreciated rock : petroleum !
Now abandoned, it started with a small scale operation for over 300 years ago, until it became industrial in the 20’s.
Gabian’s black gold is the first known French oil exploitation, together with that of the Alsatian site of Péchelbronn (the pitch fountain). The oil was collected on the surface of the spring water on which it was floating.
For a long time, Gabian’s oil was famous for its medicinal virtues (a miraculous remedy), and only later used as fossile fuel.
Background :
Small-scale production or the quest for a miracle cure :
It is partly due to some physicians’ writings that we can today trace its history.
The first known description of petroleum oil seepages near Gabian dates back to 1605, even though its use is probably much older.
Esprit Andé, medical doctor from the University of Montpellier, wrote a 20-page brochure: « Discourse on the nature and properties of a particular oily juice recently discovered in the Province of Languedoc, nearby a village named Gabian, Diocese of Béziers and which the common man calls oil ».
The remedy is « recommended for gout treatment, earache, leucoma, to asthma patients, and to those suffering from an old cough, it is to drink with some lukewarm water or rather with a decoction of plants – barley, hyssop, figs, liquorice and others ».
It gives good results also when curing diarrhoea, stomac pains, « womb coldness », snake bites, sciatica, etc.
« It relieves toothache through rubbing the gums with it… » and the author adds :
« I often prescribed this Gabian petroleum for inflammation,tumours, scabies, swellings, blows, bruises, stomach ache, and severeal other affections coming from a cold cause…, and I rarely have been disappointed by the results »
Gabian’s oil was commercialised by J-B. Daumont, a bourgeois merchant of Paris in 1678. In August, he obtained the privilege to sell Gabian’s oil.
The grocer Pomet tells us, in his « General history of drugs », dated 1694, about the fact that the spring production has considerably decreased, as one could only « gather up » the black oil on Monday, when it was on a daily basis « in the old days ». We also learn that « the place is closed with high walls and guarded by a man ».
It also is mentioned that, following a decrease in the flow, Gabian’s oil is often counterfeited (addition of olive oil).
In 1707, Mr. Rivière, medical doctor from the University of Montpellier, wrote: « the petroleum oil fountain is the only one I know of this sort in the whole kingdom ».
Around 1750, after disappearing, the source is rehabilitated by the Bishop of Béziers, Lord of Gabian. Its refurbishment allowed exportation towards the Netherlands, Germany and even all the way to America !
Several consecutive adjustments will then be carried out in order to collect the precious liquid.
In 1773, the monks of the Cassan priory reconfigured this source and kept for themselves the monopoly of the exploitation, as well as the selling. Numerous medical studies mention the virtues of the « Gabagnol » until the 1900’s, although the source had then dried up.
The industrial period :
Between 1865 and 1885, drillings were carried out nearby the source, one of which will produce during a short period. This will cause the fountain to definitely dry up.
After the First World War, France needs petroleum.
Thanks to a survey made by a French geologist, Mr. Barrabé, in 1924, the French company Péchelbronn finds petroleum by about a hundred meters depth. Six wells will be running and productive out of thirty boringsor more.
Extraction will cease after 1950. The Second World War and the low profitability will definitely condemn the operations.
Thanks to Bruno for the use of old postcards collected by Mr. Corbiere, Forez et Guillouët.
Geology :
Petroleum is a carbonaceous liquid rock of natural origin. It is a mineral oil, composed of numerous organic components, mainly hydrocarbons issued from decomposition of marine organisms living a few million years ago. The composition of the petroleum depends on where it is extracted from.
Petroleum oils are named after their density (d) as compared to water: light if d < 0,8 and heavy if d > 1.
Oil formation process :
Petroleum is the product of the geological past of a regional area, and issued from three rather exceptional circumstances :
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Bild-up of organic matter.
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Its maturation.
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Trapping of hydrocarbons.
A real set of circumstances is necessary to create an oil field (or gaz field).
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A bild-up of organic matter :
Generally, the biosphere recycles almost totally the wastes it produces. However, a small minority of the « dead » matter settles, and is buried under mineral matter (parent rock). This phenomenon occurs in particular environments such as confined spaces (lagunas, deltas…), especially in tropical environment and during intense climate warming periods.
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Organic matter maturation :
As new sediment layers are deposited on top of this stratum rich in organic matter, the « parent rock » or « source rock »is subject to temperature and pressure increase. The organic matter starts converting into kerosene. If temperature becomes sufficient, (the threshold is 50°C), and the environment is reductive (poor in oxygen), the kerosene will undergo pyrolysis in an extremely slow process.
Kerosene produces natural petroleum and/or gas, both counting among the most hydrogen-rich matter. If pressure is sufficient, these fluids escape, this is called primary migration. The source rock then has tens or hundreds of million years when this migration happens. The kerosene remains in place, depleted in hydrogen.
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Trapping of hydrocarbons :
The expeled hydrocarbons, being lighter than water, escape to the surface where they undergo oxydation, or are biodegradated (in this case, they are called oil sands), but a tiny quantity is trapped: it ends up in a permeable area (mainly sand, carbonates or dolomites) and is then called « reservoir rock », it cannot escape because blocked by an impermeable layer (composed of clay, schist or gypsum) called « trap rock ». There are several kinds of traps. The largest deposits are located in anticlinal traps.
Schema of oil trapping :
Questions :
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Bacteria transform organic matters buried in kérogène. What is the determining factor which transforms the kérogène into oil and gas ?
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Name at least three natural traps that allow the accumulation of oil.
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Is Gabian’s petroleum a light or a heavy crude oil ?
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The underground aqueduct, linking the catchment basin (entrance to the source) and the reservoir (under the shed), show some furrows intended to let the oil flow. How many such furrows do you count all along this gallery ?
If you think you have the correct answers, could you, please, send them with a little message via my profile first (no answers in your logs please). After, when acceptable, authorization for logging will be given. Logs without authorization unfortunately will have to be deleted. I will greatly appreciate logs with a picture of you or your gps with "Fount dé l'Oli" on the background.
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