L'église Notre-Dame de l'Assomption est de style roman datant de la fin du XIIe siècle. Au cours de sa longue existence, elle subi de nombreuses modifications, destructions, reconstructions et extensions. De l’édifice d’origine ne subsistent que quelques vestiges tels que le portail avec ses six chapiteaux semblables. En 1939, dans la nuit de la Saint-Sylvestre, l’église est détruite par un incendie (d'où la couleur du plafond actuel, dégradé de jaune - orangé pour rappeler les flammes de l'incendie). Elle renaît quelques mois plus tard grâce à la mobilisation des Lagordais et de la municipalité. En 2010, avec la collaboration de lafondation du patrimoine, l’église bénéficie d’une importante restauration qui permet de mettre à jour des vitraux et des portes oubliés depuis longtemps. N'hésitez pas à franchir ses portes et à visiter l'interieur, c'est une église très souvent ouverte en journée.
Le Père Gabriel COLL
Gabriel Coll est né le 31 décembre 1921, juste avant la nouvelle année, juste après Noël, lorsque les jours commencent à rallonger... signe d'espoir ! C'était à Saint Martin de Ré (il était rétais et fier de l'être), dans une famille très chrétienne, mais aussi très engagée (père syndicaliste imprégné des idées du Sillon, bien connu à La Pallice où Gaby a passé sa jeunesse). Vocation précoce (dès 8 ans) petit séminaire, puis en 1941 départ au grand séminaire de Matha, où disait-il, il étouffait (déjà rebelle !), avant de passer un an à Versailles comme surveillant dans une école.
En 1942 : il passe en zone libre pour éviter le Service du Travail Obligatoire. Mais en novembre de la même année, la zone libre est occupée par les allemands et l’Évêque lui confie la mission d'assistance religieuse et morale des jeunes désignés pour le STO.
Envoyé au STO à Nuremberg en septembre 1943, il travaille en usine. Le 20 novembre, il est arrêté et emprisonné dans cette ville, à la prison de Mannerstrasse, pour activité militante et sabotage. Des soldats allemands, accompagnés de français en uniforme de la Wehrmacht étaient venus exhorter les jeunes du STO à s'engager dans les SS ; Gaby était monté sur une table pour haranguer ses compagnons à refuser, déniant la nationalité française à ceux qui portaient l'uniforme ennemi. Condamné en 1944 par la cour d'appel de Munich à un an et demi de réclusion, il est enfermé en forteresse à Kaisheim, fait deux tentatives d'évasion et deux mois de cachot, seul.
A partir du 30 avril 1945, il aide les autorités alliées au relâchement des prisonniers politiques de Zuchthaus Aichbach, puis est rapatrié le 26 mai. Il aura droit à une pension d'invalidité au titre de déporté-résistant pour maladies contractées en déportation, principalement tuberculose osseuse, maladie de Pott, opération d'un rein. Son genou bloqué, sa jambe raccourcie et son pied abîmé résultent d'une chute dans un fossé provoquée par les allemands.
Après la guerre, il entre à nouveau au séminaire, celui de L'Houmeau, mais les ennuis de santé et les opérations chirurgicales se poursuivent de sorte qu'il part au sanatorium (mixte, populaire et laïque... il y tenait!) d'Arcachon. Il retourne au séminaire en 1951.
Il est ordonné prêtre le 13 juillet 1952 à Saint Martin de Ré, puis il devient notamment aumônier de l'école Notre Dame en 1965, animateur d'un foyer Amitiés-Jeunesse, rue des remparts à La Rochelle, lieu de rassemblement et d'hébergement de jeunes de toutes nationalités. De 1958 à 1969, il est aumônier des lycées, puis des scouts et de la jeunesse étudiante chrétienne (JEC et JECF).
En 1962, il fonde une auberge de jeunesse qui sera hébergée dans les locaux de l'ancien séminaire de L'Houmeau, et œuvrera pour la fusion des auberges de jeunesse d'origine laïque ou confessionnelle.
En 1969, il devient administrateur puis curé de Lagord, paroisse à laquelle L'Houmeau est rattaché. Il sera apprécié pour son ouverture, son sens de l'écoute et son humanité par les jeunes recevant ou non une instruction religieuse. Il crée l'association paroissiale pour gérer, avec les laïques, essentiellement le « temporel » de la communauté, mais aussi le conseil des chrétiens pour décider de la pastorale.
En 1988, il est curé de Lagord-L'Houmeau-Nieul sur mer puis de Marsilly (en 1990).
Sa 23ème opération chirurgicale aura raison de sa résistance légendaire tant physique que morale. Il décède le 10 août à Paris où il était hospitalisé. Ses obsèques sont célébrées le vendredi 12 août 1994 à Saint Martin de Ré en présence d'une foule imposante où sont venus nombreux les déportés survivants, ses amis, pleurant, qu'ils croient au ciel ou qu'ils n'y croient pas, un de leur guide, un de leur référent... une force !
Une plaque sur la façade de l'église de Lagord rappelle ce personnage aimé de tous ; à côté du monument au mort de Lagord (parc de l'église), une stèle faisant état de ses faits de résistance est régulièrement honorée. Dans chacun des villages de Lagord, L'Houmeau, Nieul et Marsilly, une place porte son nom : "Gaby COLL"
D'après un article paru dans la journal paroissial "Communauté en marche", de la paroisse St Gabriel (... tiens, tiens... !!)