ATTENTION : Le lieu de la cache soit la Maison des métallos est ouverte au public du lundi au vendredi de 9h à 19h, le samedi de 14h à 19h, en soirée et le dimanche lors des manifestations.
Cette cache fait suite à celle des Hauts de Ménil'muche et celle des Hauts de Ménil'muche - Réveil sans fanfare. Elles peuvent se faire indépendamment les unes des autres.
Après quelques heures de sommeil salvateur je finis par décaniller de ma turne. Je changeais de nippes avant de descendre vers le troquet du quartier pour voir comment se portait le début de la soirée. J’avais mis quelques plombes à sortir du coma dans lequel j’étais mais j’étais près à en découdre avec n’importe quel mahousse. Je me jetais un demi vite fait et quittais la rade aussi sec. J’avais besoin de bouger. Je descendais plus bas dans Ménil’muche, je me souvenais d’un endroit un peu particulier, j’avais été mis au parfum par un gus qui me devait un service, une sombre histoire de micheton dont j’avais sauvé les fesses, et qui m’avait renseigné sur un lieu sympa. Faut savoir que c’était une ancienne fabrique d’instruments de musique, datant de 1881, et racheté par Couesnon qui avait construit le bâtiment. Couesnon avait de la suite dans les idées, ce fut le premier fabricant à avoir introduit la machine à vapeur dans ses industries. Pas bête le camarade. Et des camarades l’usine en a vu débarquer subitement en 1936. Couesnon avait cédé les bâtiments à l’Union Fraternelle de la Métallurgie et de la CGT. Cela a pas loupé ils ont appelé ça la Maison des Métallurgistes le 2 mai 1937 et ce fut un haut lieu de syndicalisme. Cela devait pas manquer d’ambiance là-dedans. Si bien que la Maison est devenu le siège d'actions politiques fortes, comme l’organisation de l’aide à l’Espagne républicaine avec l’accueil des volontaires des Brigades Internationales, l’entrée dans la Résistance, la lutte contre les guerres d’Algérie et du Vietnam et l’engagement contre le fascisme sous toutes ses formes. Après la seconde guerre mondiale, la rue est rebaptisée du nom du militant communiste et résistant Jean-Pierre Timbaud. En 1997, les gens du coins voyant que le bâtiment allait tomber aux mains de promoteurs privés ont lutté pour que cela soit la Mairie de Paris qui le rachète. La Maison des Métallos est devenu un établissement culturelle de la Ville de Paris depuis. Elle a aussi un café. C’est là que je me posais pour réfléchir à l’étrange affaire qui me poursuit depuis hier. Il va falloir que je retrouve ce René, au moins pour les beaux yeux de la vampette qui va venir me voir demain.