Aujourd’hui posséder un téléphone mobile, notamment un Smartphone est devenu indispensable, à un tel point que les téléphones public sont tombés aux
oubliettes. Ce monument qui faisait partie du quotidien des français dans les zones urbaines, a été mis en place en 1881. Après 125 ans, son avenir est
menacé. Mais quelle est l’histoire de la cabine téléphonique ?
Un accès au téléphone pour tous !
Avant le 19ème siècle, on communiquait à partir d’une technique appelée le télégraphe. En 1876, Graham Bell créele télégraphe parlant, ce que
l’on appellera le téléphone. Il faut savoir que c’est un italien, Antonio Meucci, qui est à l’initiative de cette création. Par manque de moyen financier,
il n’a pu déposer une demande de brevet.Le téléphone a fait son apparition en France en 1878.
Quelques années après en 1889, le téléphone public à pièce fut inventé par un certain William Gray, un scientifique américain. Son premier modèle fut
installé dans une banque au Connecticut. Sa création a été basée sur un principe de postpay, la pièce de monnaie était insérée une fois que l’appel était
transmis. En France, le téléphone public avait été mis en place afin de permettre un accès à tous au téléphone, qui était pour certains le seul moyen de
communication.
Les différents types de téléphone public et moyens de paiement
Depuis l’installation des téléphones publics, on a vu apparaître plusieurs types aux moyens de paiement différents. En 1880, les timbres-téléphone ont fait
leur apparition, c’est le premier moyen de paiement des communications. Cinq années plus tard, on le renommera le « bulletin de conversation ». Le premier
jeton téléphonique est apparu en 1937. Les utilisateurs du téléphone public se procureront des tickets thermo-magnétiques en 1984, qui peuvent être
considérés comme l’ancêtre de la carte prépayée. Mais ces derniers n’ont pas fait long feu.
En 1920, le premier taxiphone a vu le jour. Trois ans plus tard, la « Compagnie des taxiphones » a été créée en France qui s’est chargée d’installer 50
appareils dans la capitale française dans un premier temps. Pour téléphoner, il fallait utiliser des pièces de 25 cents, ce moyen a succédé aux jetons
téléphoniques. Le taxiphone a connu bien des évolutions tant sur le plan technique que sur le plan esthétique.
Installation des cabines téléphoniques
Pendant la période de pénurie, il n’y avait pas d’égalité dans l’accès aux services téléphoniques. Les habitants des zones rurales ne disposaient pas de
téléphone chez eux. Les postes d’abonnement publics ont utilisé en abondances les lignes téléphoniques des commerçants de proximité. De ce fait, l’usager
qui vivait en zone rurale avait 3 intermédiaires entre son interlocuteur et lui-même : très souvent l’épicier ou le cafetier du coin, l’opératrice du
bureau de Poste du canton et l’opérateur du central.
À partir de 1975, durant la période d’abondance téléphonique, des cabines ont été installées dans les villes mais aussi dans les routes de campagnes et les
villages. Pour l’opérateur historique, certaines cabines lui coûtaient plus cher que ce qu’elles rapportaient, notamment celles implantées dans les zones
dépeuplées. L’opérateur public, qui deviendra plus tard France Telecom, a décidé de restreindre le nombre minimum de cabine à 1, tout en respectant ses
obligations de service public.
De plus, l’opérateur historique a fait accepter par le ministère l’introduction de l’Ubiphone. Ce téléphone permettait d’appeler les numéros gratuits,
notamment les numéros d’urgence (gendarmerie, pompiers, SAMU…).
Les premières cabines téléphoniques à Paris

C’est en 1884 que les premières cabines téléphoniques ont fait leur apparition dans la capitale française. Elles se sont répandues progressivement sur
l’hexagone jusque dans les années 90. En 1996, en France on comptait 290 000 appareils. Certains TGV ont même été équipés de téléphones publics.
Les premier publiphones étaient en bois et étaient installés au départ uniquement dans les lieux publics.
Avant la fin de 1884, on commença l'installation de cabines téléphoniques publiques à Paris et dans quelques villes de province. Ces cabines, qui rendent tant de services, existent actuellement à Paris, dans tous les bureaux de postes et télégraphes et les bureaux centraux de la Société générale des Téléphones, au nombre de 82 à Paris, et 77 dans les villes de province.Ce service s'ouvre au public le 1er janvier 1885

Le régime de ces communications a été fixé par décret du 31 décembre 1884, dont voici les termes
Le Président de la République française.
Vu l'article 2 de la loi du 2l mars 1878 ;
Vu la loi du 5 avril 1878;
Sur le rapport du Ministre des Postes et des Télégraphe ;
Décrète :
Article premier.
Toute personne peut, à partir des cabines téléphoniques mises par l'État à la disposition du public, correspondre, soit avec une autre personne placée dans une cabine téléphonique de la même ville, soit avec un abonné du réseau.
La taxe à percevoir pour l'entrée dans les cabines publiques est fixée, par cinq minutes de conversation : A Paris, à 0 fr. 50
Dans toutes les autres localités de France, d'Algérie et de Tunisie, à 0 fr. 25
Article 2.
Des Communications téléphoniques à distance peuvent être mises à la disposition du public.
Les lignes auxquelles est appliquée cette mesure sont indiquées par décision ministérielle.
La taxe à percevoir par cinq minutes de conversation de ville à ville est fixée :
Pour toute distance inférieure à 100 kilomètres, à 1 franc.
Cette taxe peut être réduite à 50 centimes lorsque les deux villes entre lesquelles l'échange des conversations par téléphone a lieu, ont été classées, par décision du Ministre des Postes et des Télégraphes, comme faisant partie d'un seul et môme groupe téléphonique.
Les conditions dans lesquelles cette taxe est perçue, soit sur la personne qui demande la communication, soit par moitié sur chacune des deux personnes en correspondance, et en général toutes les conditions d'exécution du service sont déterminées par arrêtés du Ministre des Postes et des Télégraphes.
Fait à Paris, le 31 décembre 1884. Signé : JULES GRÉVY.
Par le Président de la République,
Le Ministre des Postes et des Télégraphes,

Mais la cabine téléphonique anglaise est la star de toutes les cabines téléphoniques. Elle mesure 90 centimètres au sol et est haute de 2 mètres 40. Elle est construite en fer pour résister aux intempéries et aux coups durs des voyous. Et elle est peinte en rouge vif pour que l’on puisse la repérer de loin. Elle est surtout la fierté des Anglais au même titre que leur bus impérial, leur boîte aux lettres et leur célèbre taxi.
La première cabine, la K1 est apparue à Birmingham en 1921. Elle ressemblait à une pagode. En 1923 la poste décide de lancer un concours de design pour créer une nouvelle cabine qui deviendrait la référence dans tout le pays. C’est l’architecte Sir Giles Gilbert Scott qui remporte le concours avec laK2. Le seul hic c’est qu’elle coûte tellement cher à fabriquer qu’elle sera produite uniquement pour Londres et qu’en 1935 elle sera détrônée par un autre modèle : la K6. Malgré ses fragilités la K6 est devenue la cabine préférée des Anglais.
Dessinée pour le jubilé du roi Georges V, elle a été produite à soixante dix mille exemplaires dispersés dans toute la Grande Bretagne. Aujourd’hui il en reste treize mille qui sont un peu considérées comme les joyaux de sa majesté. Deux mille d’entre elles sont même classées monument historique. Aujourd’hui la cabine téléphonique anglaise s’arrache à prix d’or sur des sites de vente aux enchères. Les Anglais sont prêts à payer plus de cinq mille euros pour en avoir une chez eux.

