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La Salle des Moréal Traditional Cache

Hidden : 2/13/2017
Difficulty:
1 out of 5
Terrain:
1.5 out of 5

Size: Size:   small (small)

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Geocache Description:

La Salle des Moréal à Aumont – 1548

Nous vous proposons de découvrir la plus vieille et la mieux conservée des quatre plus anciennes demeures d'Aumont.

Merci de ne pas pénatrer dans la propriété privée


Avant des explications fortes en détails, l’anecdote de cette construction est à mettre en exergue : cet édifice élevé en en 1548 a été partagé au décès de son propriétaire en 1614 à destination de ses deux filles. Le nombre de biens étant impair la salle fût divisée en deux par son centre, et depuis, jamais elle n’a pu être réunifiée !

La Salle des Moréal à Aumont – 1548

Les environs de Poligny se prévalent de quelques maisons anciennes qui ont survécu à la guerre de dix ans.

Quatre maisons d’Aumont portent les millésimes de 1548, 1569, 1593 et 1594. Dotées de vastes étables, elles étaient pour l’essentiel propriétés de la famille Moréal, notaires et paysans enrichis par les amodiations de diverses seigneuries proches d’Aumont d’où ils disparurent dès 1660 pour aller s’établir à Poligny, Dole et Bruxelles.

La salle des Moréal

1. datation :

Bâtie sur le même meix que la grosse maison ancienne, dans la même cour, face à elle, la maison que nous appellerons la salle des Moréal est assurément la maison la plus remarquable du village d'Aumont. Remarquable par sa beauté, remarquable surtout par son état de conservation : si l'on excepte deux portes donnant accès à la très grande cave et sans doute percées aux XVIIe et XVIIIe siècles, et une troisième, aujourd'hui murée, ouvrant sur l'une des pièces d'habitation, la maison semble avoir gardé les encadrements originaux de ses portes et fenêtres. La maçonnerie, sans crépi, ne montre aucune trace de remaniement.

Sur le linteau de la grande fenêtre de la première pièce, entre deux accolades, une date a été gravée : 1548. S'agit-il de la date de la construction ? Probablement. On peut exposer ici quelques éléments de preuve.

Tout d'abord, une analyse dendrochronologique des grosses pièces de chêne de la charpente a permis de dater leur dernier cerne de l'année 1539, soit neuf années seulement avant la date supposée de la construction.

De plus, les archives, si elles ne fournissent aucun document de cette époque se rapportant à cette maison, ne demeurent cependant pas totalement muettes, elles jettent même un riche éclairage sur ceux qui en furent sans doute les premiers propriétaires. Nous trouvons la première mention de cette maison en 1614 : elle est alors l'un des nombreux biens dont les héritiers de Me Jehan Moréal font le partage. Elle y est désignée comme « la maison et tour de pierre au proche » de la « maison ancienne » des Moréal. Le couple salle-grosse maison est donc, en ce début du XVIIe siècle, une réalité. Mais que savons-nous de ces Moréal ? Il a déjà été question de Me Claude Moréal, notaire, probable père de Me Jehan et possible propriétaire de la « maison ancienne » des Moréal dans les années 1560-1570. On lui trouve, dans les archives, un homonyme, Claude Moréal le Vieux, décédé avant 1567, dont le fils, Philibert, possédait, à la fin du XVIe siècle, une maison21 située sur le même meix que les deux maisons que nous étudions. La concentration des bâtiments sur ce meix ne peut guère s'expliquer que par des partages successoraux. Ces deux Claude Moréal devaient donc être proches parents, probablement des frères. En effet, Me Jehan Moréal apparaît dans un document comme héritier de Estiennette Foncier ; or celle-ci est la propre mère de Claude Moréal le Vieux. Ajoutons enfin que plusieurs manuels de cens mentionnent un autre frère de Claude Moréal le Vieux : Me Anatoile Moréal, notaire. Ainsi s'ébauche l'hypothèse assez séduisante de trois frères se partageant un meix sur lequel s'élèvent trois maisons. Par chance, les archives gardent trace du père de Me Anatoile et Claude le Vieux. Il s'appelle Pierre Moréal, il ne semble pas notaire. À la différence de ses fils, son nom n'est jamais assorti du titre d'« honorable ». Pierre Moréal est donc très certainement un paysan mais un paysan riche car son père, Pierre Moréal le Vieux, avait pris en amodiation, en 1504, avec deux autres habitants du village, la grange de La Tournelle, propriété des moines de Rosières. Précisons quelque peu la chronologie : Pierre Moréal est mort entre 1534 et 1553, son fils Anatoile apparaît comme notaire à partir de 1552. On voit donc que la date supposée de la construction de la salle, 1548, s'inscrit soit à la fin de la vie du riche paysan Pierre, soit au début de l'activité de notaire de ses fils, et matérialise ainsi de manière flagrante un changement de statut, une étape fondamentale dans l'ascension sociale d'une famille.

2. description :

La salle des Moréal s'élève sur trois niveaux. Le rez-de-chaussée est entièrement occupé par une imposante cave, semi-enterrée, s'étirant sur les quatorze mètres de la maison. On y pénètre par une large porte voûtée en plein cintre percée au milieu du pignon ouest, faisant face à la « maison ancienne ». À droite de la cave, un petit escalier de pierre monte jusqu'à la porte d'entrée de la première pièce. Le linteau ressemble beaucoup, par le motif comme par la facture, à ceux de la « maison ancienne » : une accolade sous laquelle a été sculpté un écu montrant un sautoir, mais cette fois-ci sans initiales. Nicolas Vernot avait déjà judicieusement remarqué que si les motifs de ces trois écus ont été sculptés en relief, les initiales CM ont, elles, été gravées. Peut-on en conclure que ces deux lettres ont dès lors été tracées à une date postérieure à la construction de la maison ? L'hypothèse est parfaitement envisageable et étayerait l'idée d'un partage du meix entre les trois frères, à l'occasion duquel l'un des Claude Moréal aurait voulu laisser sa marque.

Autre similitude entre cette salle et sa grosse maison : comme dans le logement sud de la « maison ancienne », la porte d'entrée ne donne pas directement accès à la première pièce, mais à un petit seuil d'où s'élèvent quatre marches de pierre conduisant au sol de cette pièce.

Passé ce seuil, on pénètre alors dans une pièce carrée d'environ six mètres de côté, éclairée par deux fenêtres. La première est à meneau (aujourd'hui disparu), large de 146 cm et haute de 157 cm, s'ouvrant au centre du pignon ouest, juste au-dessus de l'avant-toit qui protège la porte de cave. La seconde fenêtre est une petite fenêtre (inatteignable pour l'heure, nous n'avons pu en relever les dimensions exactes). Elle est percée dans le mur goutterot, donnant sur le sud.

La pièce dispose de trois placards muraux dont l'un est assez surpre­nant : situé juste après la porte d'entrée, au-dessus des quatre marches qui conduisent du seuil à la pièce, il est de ce fait très malaisé d'y accéder. De plus, sa forme est étrange car une moitié de la façade de ce placard est fermée par une pierre de taille, comme si dans un placard plus conventionnel, l'un des deux battants de portes avait été remplacé par une pierre. Il nous a, pour l'heure, été impossible de comprendre la raison d'un tel dispositif.

Mais l'objet le plus imposant de cette première pièce est sa cheminée : son ample manteau de pierre, de près de trois mètres de long, occupe le milieu du mur central de la maison. De part et d'autre, deux petites étagères de pierre s'encastrent entre le mur et la cheminée. Cette pièce serait donc une cuisine. Pourtant, dans le partage de 1614, elle n'est pas désignée comme telle mais plus simplement comme « la chambre haute étant du coste de soleil couchant », il n'est même pas question d'une chambre à feu. Cette pièce pourrait-elle avoir une autre fonction ? On notera la présence d'un grand écu au milieu du linteau de cheminée ; sa surface est parfai­tement lisse, il devait donc être peint, malheureusement aucune trace n'a subsisté. Peut-être s'y trouvait-il, une fois de plus, la croix de Saint-André : la famille Moréal n'est pas noble et ne possède pas d'armoiries. Ce motif de la croix de Saint-André mériterait d'ailleurs qu'on s'y attarde, que l'on détermine s'il ne révèle qu'une « volonté de clamer un aspect de l'identité du bâtisseur, celui qui fait de lui un vrai Bourguignon, loyal sujet de son souverain » ou si, au contraire, ainsi sculpté dans des linteaux, il est un moyen de signaler que celui qui réside dans cette maison est représentant du pouvoir souverain (c'est une hypothèse proposée par Nicolas Vernot). Nous avons signalé dans un précédent article que le comte était directement seigneur d'une petite partie du village. Les comptes du bailliage d'Aval permettent donc d'en suivre, sommairement, l'évolution. En particulier, le nom de Me Claude Moréal apparaît dans le compte de l'année 1590 comme ancien amodiataire de la « clergie de la prevoste dud Aulmont ». Malheureusement, les registres de comptes pour les années antérieures font totalement défaut.

On accède à la seconde pièce de la salle soit par une porte ménagée à droite de la cheminée, soit par un escalier extérieur qui monte le long du mur goutterot sud. Si la première pièce est bien une cuisine, celle-ci devrait être le poêle, la position de la cheminée adossée au mur séparant les deux pièces plaidant pour cette hypothèse. La porte donnant sur l'escalier extérieur paraît contemporaine de la construction de la maison. Le précieux partage de 1614 nous livre, une fois encore, d'importantes précisions : à cette date, les deux pièces de la salle font partie de deux lots différents dans le partage des biens de Me Jehan Moréal. Celle des héritières qui aura « la chambre haute étant en ladite tour du coste de soleil levant (...) ne pourra entrer en sa chambre haute par sur la portion » de l'autre héritière, « ains fera des gretz du côté de vent comme ils souloient ». Comme ils souloient, c'est-à-dire que ces escaliers ont existé dès avant 1614 et sans doute même bien avant cette date puisqu'ils ont déjà disparu au moment du partage. Cette porte extérieure s'ouvre, elle aussi, sur un seuil légèrement plus bas que le sol de la pièce. Pourtant, le linteau de cette porte, bien qu'orné d'une accolade et d'un écu, est différent de ceux que nous avons précédemment décrits : l'écu est cette fois-ci à l'envers, sa pointe dirigée vers le haut, venant s'encastrer dans celle de l'accolade. À l'intérieur, pas de croix de Saint-André, mais, une serpette, emblème très classique des vignerons. Un linteau de même facture se retrouve dans une autre maison ancienne d'Aumont (celle-ci malheureusement très altérée) : un linteau à accolade, là encore avec un écu placé à l'envers avec cette fois-ci deux outils dont la fonction n'est pas aussi clairement identifiable que la serpette. Toutefois, deux outils très similaires apparaissent sur une statue du XVe siècle, conservée au musée de Brou et représentant saints Crépin et Crépinien, patrons des cordonniers (cette profession est d'ailleurs bien attestée à Aumont par plusieurs documents du XVIe siècle). Placer un écu à l'envers ou à l'endroit a-t-il un sens particulier ? S'agit-il d'une distinction entre activités intellectuelles (notariat, office seigneurial) et activités manuelles (viticulture, artisanat) à un moment où la famille Moréal semble appuyer sa prospérité sur ces deux piliers ?

Présentant les mêmes dimensions que la précédente, cette seconde « chambre haute » est elle aussi éclairée par deux fenêtres : là encore, la première, très grande, centrale, à meneau, traverse et coussièges, s'oppose nettement à la deuxième, beaucoup plus petite et percée juste à la droite de la première. Peu ou pas d'aménagement intérieur, pas de cheminée, un seul placard mural (reprenant la même structure « à moitié obturée » que nous décrivions plus haut).

Restent les combles : leur fonction est plus problématique qu'il n'y paraît. On y accède par deux escaliers intérieurs en bois, chacun disposé, symétriquement, dans l'une des deux pièces et s'appuyant sur le mur goutterot nord. Ce second étage de la maison reproduit le premier : les deux mêmes vastes pièces carrées où la lumière pénètre par deux petites fenêtres, percées au milieu de chacun des pignons, ainsi que par deux châssis de toit, dressés au bas du pan de toit orienté au nord, au niveau du palier supérieur de chacun des escaliers de bois. Le mur qui sépare les deux pièces du premier étage et sur lequel s'appuie la cheminée, se poursuit en pignon jusqu'au faîtage de sorte que ces deux combles sont parfaitement séparés l'un de l'autre. Dans ce pignon, une porte à encadrement de bois (aujourd'hui murée) a dû permettre, à une époque, une communication entre les deux mais sa facture est grossière et probablement postérieure à la construction. L'élément le plus remarquable de ce dernier étage est bien entendu la charpente : les combles, s'ils n'ont pas de plafond et ne se présentent pas aujourd'hui comme de véritables pièces, n'ont pas pour autant l'aspect de simples greniers. L'impressionnante charpente constituée de quatre fermes à entrait retroussé, laisse à ces combles un volume et une hauteur dignes des pièces de l'étage inférieur. On note un vrai raffinement dans l'exécution puisque les aisseliers soutenant l'entrait retroussé montrent un léger cintre qui donne à l'ensemble une grande élégance. La fonction de ces deux pièces pose un véritable problème : outre une esthétique peu compatible avec celle d'un grenier, l'endroit est peu accessible. En effet, des quatre petites fenêtres, aucune n'a une largeur supérieure à 50 cm et l'on imagine mal que les escaliers intérieurs aient permis de monter de lourdes charges de fourrage ou de grains qu'il eût été si aisé de stocker dans le vaste grenier de la grosse maison, en face.

3. interprétation :

Deux hypothèses peuvent alors être envisagées. Soit ces combles permettaient un type de conservation particulier, adapté à certains biens (mais lequels ?) ; soit, et l'hypothèse semble plus solide, ils étaient de véritables pièces d'habitation. En témoignent les fenêtres très semblables par leurs dimensions et situations à la petite fenêtre de la pièce n °1 de la « maison ancienne » des Moréal. On pourrait tout au plus objecter qu'une orientation des châssis de toit vers le sud plutôt que vers le nord eût été plus favorable en terme de luminosité. Mais, une fois encore, c'est de la lecture des archives que nous tirerons les preuves les plus décisives : tout d'abord, de ces combles, le partage de 1614 ne dit absolument rien : il n'y est question que la « votte » du rez-de-chaussée, des deux « chambres hautes » du premier étage ainsi que deux constructions annexes (aujourd'hui disparues) : un « cellier grenier dessus joignant ladite tour de pierre » et un « bastiment joignant ledit cellier du côté de bise ». Aucune mention de ce qui pouvait se trouver au-dessus des dites « chambres hautes ». Est-ce un oubli de la part du notaire qui rédige le document, un mépris de sa part pour un lieu de stockage très secondaire (mais alors pourquoi avoir évoqué le grenier situé au-dessus du cellier ?) ? Peut-être aussi ces combles avaient-ils, à cette époque, déjà perdu toute fonction particulière. Près d'un siècle plus tard, en 1698, la salle figurera à nouveau dans un partage. La description qui y en est donnée est sans ambiguïté : une cave et « quatre chambres ». On peut donc affirmer qu'à la fin du XVIIe siècle, au moins, ces combles ont été des pièces d'habitation, ou de travail, en tout cas pas de simples lieux de stockage. Qu'en était-il un siècle et demi plus tôt, au moment de la construction de la salle ? Impossible, pour l'heure, de le dire.

 

Cette datation, description, interprétation sont tirées du livre « Villages, Maisons et Châteaux du moyen âge et de la renaissance en Franche Comté », par Claude Alexis Gras – Maison et Vie Sociale, édition Franche Bourgogne 2014

Additional Hints (Decrypt)

Rg yn yhzvèer sûg !

Decryption Key

A|B|C|D|E|F|G|H|I|J|K|L|M
-------------------------
N|O|P|Q|R|S|T|U|V|W|X|Y|Z

(letter above equals below, and vice versa)