Autrefois communs dans le Loudunais, les cormiers étaient plantés près des vignes familiales. Celui de Ranton domine le village, au lieu-dit les « Vignes Briant », dont il ne reste que le nom. Comme partout dans les campagnes alentour, les vignes ont disparu. Mais le cormier, lui, est toujours là, en 1998, la parcelle des « Vignes Briant » était inclue dans le plan de remembrement. La municipalité l'a acquise, Le conseil municipal ayant été convaincu par le maire, de préserver ce patrimoine de la flore locale. Depuis, le site a été aménagé pour le mettre en valeur avec un panneau informatif.
Son âge est estimé à de trois cents ans.
L'émotion pour cet arbre remarquable ne vient pas de sa stature ni de son allure, assez banale. Elle vient de sa rareté et de son âge.
Les cormiers furent durant des siècles parmi les arbres les plus prisés des gens de la campagne. Les paysans récoltaient le fruit du cormier, les cormes, avec lesquelles ils faisaient un petit vin appelé le « cormé ».
La corme ressemble à une petite poire. Comestible, elle a un goût âcre. Elle était consommée blette après avoir mûri sur des grains de blé.
Le bois du cormier était recherché pour la fabrication de la denture des engrenages de moulin, les « alluchons ». Il servait aussi à la fabrication des rabots et des varlopes pour les menuisiers.
Le vieux cormier de Ranton se porte bien, sa circonférence continue de croître.