LES RESINIERS
La récolte de la résine remonte à la très haute antiquité, des blocs de résine ont été retrouvés dans des tombeaux égyptiens et dans des amphores
La résine servait ainsi à fabriquer des torches et des bougies. Par distillation, elle fournit de nombreux produits de première utilité : essence de térébenthine, solvant de peintures (20%) et colophane utilisé dans la fabrication des colles de papeterie, de savon, et de vernis (70%)
Après la campagne de boisement des plaines landaises par Napoléon III en 1857,le pin constitua un enjeu économique important Au début du 20° siècle , l’exploitation de la résine connaît une telle ampleur que tous les pins de Gascogne sont gemmés . En 1911 , le gemmage est légalisé sur l’Ile d’Oléron, l’exploitation durera un demi-siècle ;puis les cours de la résine s’effondrèrent ,concurrencée par les produits issus du pétrole , le white spirit remplaçant la térébenthine et par des pays comme les USA , la Russie , l’Espagne qui la produisent a meilleur cout.
En 1970 la distillerie de la Tremblade fermait ses portes et seul quelques résiniers restaient témoins de cette époque.
Les vieux pins de l’ile d’Oléron portent encore les cicatrices du gemmage particulièrement sur ce site où des démonstrations étaient effectuées, il y a encore quelques années.
Les résiniers récoltaient la résine en pratiquant le gemmage des pins .L’écorce enlevée, l’arbre d’or laissait s’écouler son précieux nectar.
Un pin produit en général 1,6l de résine par an, voire 2 litres. La forêt de St Trojan exploitait 100 000 pins et produisait annuellement 1500 hectolitres de résine.
Les pins etaient gemmés soit « à mort », produisant le maximum de résine avant l’abattage, soit « à vie », le pin supportant une saignée tous les ans La saignée du pin etait activée régulièrement ; la care laissait s’écouler l’or végétal le long du crampon, petite lamelle de Zinc, dans un pot de terre fixé le long du tronc
L’abandon du gemmage entraina egalement une modification de la forêt, les résiniers par leur trajet de pins en pins limitaient l’extension des chênes vert et des fougères qui reprirent le dessus, plus particulierement depuis la tempete de 1999 qui vit 40% des pins mis a terre.
Le parfum balsamique répandu par la gemme perdait de son intensité
Le vocabulaire du matériel était spécifique, et, fut apporté par les gascons ,pionniers du gemmage sur l’Ile, Hapchot, escouarte, barasquit d’espourga (pourgu désigne en gascon ce qui salit) etc.
Aujourd’hui, le pin maritime n’est plus exploité pour sa résine mais pour son bois.
Les cahiers d’Oléron : de la dune à la forêt