SAINT –BRÈS, COURT CIRCUIT AU CŒUR DU VILLAGE
La légende accrédite la fondation du village au 5ème siècle à Saint-Brice (Brès en languedocien). Victime de calomnies et accusé d'avoir rendu mère une de ses religieuses, cet évêque de Tours fut chassé de son siège épiscopal. C’est lors de son voyage vers Rome pour aller plaider sa cause, que la légende lui attribue la création du village de Saint‐Brès. Pardonné, il reprit son siège et gouverna encore sept ans avec une conduite digne d’éloges à tel point qu’il fut canonisé à sa mort.
Côté histoire, les écrits n’évoquent l’existence du village qu’à partir du 9ème siècle. Du 16ème siècle et jusqu’à la Révolution, Saint‐Brès fut sous la dépendance du marquisat de Castries. Le village connaît une période florissante du fait de sa position géographique favorable, sur l’axe de communication dit la « grande route de Montpellier à Nîmes ». Point de jonction entre les flux terrestres et fluviaux, les échanges sont donc facilités, ce qui permet le dynamisme de sa population.
Le village connaît un nouvel essor au cours du 19ème siècle grâce à la vigne. Vestiges de cette époque, on trouve encore aujourd’hui de nombreuses maisons vigneronnes.
Actuellement, Saint-Brice est célébré le 13 novembre et donne lieu à une fête votive dans le village. « A la Saint-Brice, le temps sera celui du Jour de l’an».
Etape 1 - Lieu-dit « La Place » Commençons la visite du vieux village par cette place. Au 17ème, c’était le cœur de la commune, là où toute la population (estimée à 190 habitants) se réunissait pour converser, échanger et commercer (voir indice 1)
Etape 2 - Pour les voyageurs plus fortunés, la rue du Vieux pont offrait de nombreuses auberges et hostelleries. Parmi elles, se tenait une célèbre taverne. Attirés par la renommée de l'Ecole de Médecine de Montpellier, les frères Félix et Thomas Platter, originaires de Bâle, vinrent en effet étudier dans notre région. Aimant également faire la fête, nous apprenons dans leur journal de voyage, qu'ils se sont arrêtés à plusieurs reprises à Saint-Brès, nous faisant ainsi découvrir la vie des étudiants au 16ème siècle. Cette auberge et les bâtiments jouxtant servirent de base à la construction de la maison de maître que l’on peut actuellement voir. Au 19ème siècle, le propriétaire fait restaurer la demeure et y adjoint le parc devant et son petit pont d’accès (1878). Le bâtiment, racheté par la commune, a conservé la salle voutée dite d’Anduze-de-Saint Paul dans laquelle sont célébrés les mariages.
La rue du Vieux Pont, autrefois nommée route royale puis impériale, était l’axe essentiel pour les voyageurs et commerçants entre Montpellier et Nîmes. Ainsi à l’angle de la rue de la Cascade se dressait l’Hospital, un refuge pour les pauvres qui cherchaient un hébergement de fortune pour la nuit (indice 2).
Etape 3 - Le vieux pont et le parc. Ce pont en pierre possédait dix arches visibles : deux étaient en permanence en eau, les autres permettaient de prévenir les débordements réguliers du Bérange. Il revêt une importance majeure dès le Moyen-Âge puisqu’il est le point d’entrée dans le grand Comté de Melgueil (Mauguio) auquel appartient à l’époque Montpellier. C’est donc le point de passage de tous les voyageurs. En 1698, il est élargi (5,42m) pour faciliter le passage des différents transports commerciaux terrestres. Par ailleurs, les deux piles en eau permanente furent complétées d’avant-bec (partie en saillie) pour limiter la pression du Bérange qui autrefois servait de voie navigable au transport de marchandises, notamment du vin vers le port de Candillargues. Au 18ème et 19ème siècle, les propriétaires successifs de la maison de maître voisine remblaient une partie du lit (une arche disparait) pour créer des jardins en aval et le parc (indice 3).
Etape 4 - Témoignage également de l’importance de l’eau sur la commune, vous pouvez apercevoir depuis le vieux pont en sortant du village en direction de Baillargues sur la gauche, une Noria. Déjà indiquée dans un relevé notarial datant de 1872 (indice.4).
Etape 5 - L’Eglise primitive, datant du Moyen–Âge, était située au centre du village. Servant de tour de guet, elle fut détruite pendant les guerres de religion (« Guerre de Rohan »). Elle fut reconstruite dès 1635. D’abord constituée d’une unique nef centrale, elle fut agrandie au 19ème siècle, pour suivre le nouvel essor démographique dû à la culture de la vigne. Les murs latéraux ont été percés pour rajouter deux bas-côtés offrant une superficie plus grande à l’édifice. L’entrée principale se fait aujourd’hui par une grande porte donnant sur le bas-côté sud. L’Eglise est surmontée d’un clocher à campanile en fer forgé, comme dans beaucoup d’édifices de Provence et du Languedoc (indice 5).
Etape 6 - La présence du Bérange non loin a permis aux habitants de creuser des puits. Actuellement, vous pouvez visualiser deux d’entre eux, celui à côté de l’église (déjà recensé dans le cadastre du 16ème siècle) et un près du lieu-dit « La place », mais 23 puits ont été recensés sur la commune (indice.6).
Coordonnées : N 43° 39.ABC E 004° 02.DEF
Indice 1, vous êtes devant une voute, rare vestige du passé ici. La maison à votre droite porte un numéro. Ce chiffre vous donnera « E ».
Indice 2, vous vous trouvez face à l’actuelle salle des mariages. Derrière vous, une statue représentant un animal. Le nombre de pattes de cet animal vous donnera « B ».
Indice 3, au dessus des deux arches du pont vieux sont gravés deux dates. La différence entre ces deux nombres vous donnera « D ».
Indice 4, face à vous une noria récemment restaurée mais dont l’entretien laisse à désirer. Un panneau explique le fonctionnement de cet engin. Le nombre d’engrenages plus 2 vous donnera « F ».
Indice 5, devant vous l’entrée de l’Eglise. Au dessus de la porte, des sculptures d’angelots entiers ou en bustes. Le nombre de ces sculptures moins 3 vous donnera « C ».
Indice 6, dernière étape avant la finale. Après le puits, un escalier. Le nombre de marches (ne pas compter la couche de bitume) plus le nombre d’angelots comptés en façade avant de l’Eglise vous donnera « A ».
Bonne promenade.