Avec leur style avant-gardiste et leurs formes pose, les vingt-deux églises reconstruites dans l’agglomération dunkerquoise au lendemain de la Seconde Guerre mondiale s’éloignent des normes visuelles classiques. Pour la plupart élevés dans l’urgence, avec des matériaux nouveaux issus du monde industriel, ces édifices bénéficient d’une architecture novatrice et tout à fait unique qui leur confère une valeur remarquable souvent trop peu estimé.
Dessinée par les architectes Ludwik Peretz, Gaston Leclercq et Maurice Salembier, membres de l’Atelier d’art et d’architecture des Chantiers du diocèse, la construction de l’Église Sainte Bernadette débute en 1967. Tout à la fois original, fonctionnelle, raffinée, sobre et très discrète, cette église renferme une nef de 450 places prolongée par une chapelle et des salles de catéchisme pouvant s’ouvrir largement sur le sanctuaire grâce aux cloisons mobiles. Un système très très perso qui permet d’accueillir lors de grandes cérémonies 250 fidèles supplémentaires. Edifice en brique de forme trapézoïdale en briques ocres, couverte par un seul pan de toiture. Ses flancs sont vitrés et le clocher situé au niveau du chevet mêle briques et structure métallique. Il faut descendre quelques marches pour atteindre l’église et son parvis, construits sous le niveau de la chaussée. Les bancs de la nef sont disposés selon un plan rayonnant à partir de l’autel. La charpente de bois clair s’allie à la légère pente du sol pour accusateur le mouvement de montée vers l’autel. Les briques des murs sont apparentes et des ouvertures dissimulées dans les côtés de la toiture offrent un éclairage diffus menant tous les regards ver s le chœur.