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Matra (évent Pasquale Paoli)

A cache by Ptitloups Send Message to Owner Message this owner
Hidden : 06/18/2021
Difficulty:
1.5 out of 5
Terrain:
1.5 out of 5

Size: Size:   small (small)

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Geocache Description:


La cache de Matra est dissimulée dans une niche d’assainissement d’un mur de soutènement situé sur l’avant de l’église paroissiale San Bernardinu. Elle contient une boîte étanche avec logbook et crayon. Elle est occultée par une pierre rapportée À REMETTRE EN PLACE. Cette cache fait partie de l’itinéraire de découverte de la Castagniccia et est une des caches liées à l’évent Pasquale Paoli reporté pour raison sanitaire en mai 2022. 

La cache de Matra nous fait découvrir : 

  • Signe de la présence seigneuriale des Matra, seigneurs qui ont dominé la Plaine Orientale pendant le moyen-âge, la maison fortifiée où château de Matra, avec sa tour où fut accueilli Théodore de Neuhoff, Roi de Corse, pour un court séjour. Il est doté d’une tour crénelée et de fenêtres en plein cintre en pierre. Son architecture romane se fond avec celle du village. Matra est donc connu pour être le berceau de la famille De Matra, opposée à Pascal Paoli. 
  • L’église pisane San Bernardinu, édifice du XVIIe siècle, est un témoignage de l’architecture rurale et religieuse de la Haute-Corse. A l’origine dédiée à saint Bonaventure, c’est sous le vocable de Saint-Bernardin que Mgr Mascardi, prélat envoyé par le pape en Corse, désignera cette église en 1589, la décrivant comme romane. C’est au XVIIe siècle qu’elle sera entièrement remaniée laissant la place à l’édifice actuel.
  • La Petra Scritta ou pierre gravée. A l’entrée du village de Matra, un bloc schisteux recouvert d’incisions et de cupules a été mis au jour il y a quelques années, alors qu’il était partiellement enfoui sous les ronces. Même si la population connaissait son existence, nul ne s’était étonné des gravures de ce rocher jusqu’à ce qu’une habitante, Michèle Maurizi, décide d’avertir le propriétaire du terrain, Jack Lefèvre. À la suite de cette découverte, sur le lieu-dit Santa Maria, on décida de créer une association qui permettrait de mettre en valeur et de protéger le patrimoine historique archéologique et culturel de la commune, voire de la Corse. Consciente que cette découverte était majeure, l’association « A Santa Maria » contactait la direction des affaires culturelles de la Corse, qui effectuait alors une prospection et un inventaire de Matra. Ainsi, le rocher gravé retint toute l’attention des archéologues qui l’ont minutieusement étudié pour conclure à une datation de la période protohistorique, entre 1200 et 900 av JC. Une cartographie précise des constellations : le rocher de Matra n’est sans doute qu’une petite partie de ce qui aurait pu être découvert. Malheureusement lorsque la route a été tracée, notamment pour rejoindre le site des mines d’arsenic, des rochers entiers ont disparu. Seul reste ce témoin de l’ère holocène. On y constate des incisions fines, d’autres plus larges et enfin des cupules, qui sont de petits godets bien ronds. Ce sont surtout ces 61 cupules qui ont intrigué les archéologues. Ils ont constaté qu’elles étaient creusées en groupes paraissant s’articuler entre eux. Ainsi des formes ressortent assez précisément qui font penser au ciel nocturne, donc aux étoiles. On y reconnaît des constellations, comme celles d’Orion, d’Aldébaran et les Pléiades, Cassiopée, Andromède. D’autres coïncidences ont été mises en évidence en superposant la carte du ciel et la roche gravée. Le rapprochement est spectaculaire. La queue du chariot de la Grande Ourse est parfaitement matérialisée et Cassiopée est pratiquement entière. On reconnaît également d’autres étoiles et même semble-t-il, la planète Jupiter. On peut considérer que le ou les graveurs les ont figurées de tête. « L’interprétation ici est l’aboutissement d’un travail de recherche étoffé… sa lecture laisse peu de place au hasard » précisent les archéologues. Aujourd’hui ce rocher est protégé par arrêté préfectoral. L’association* a fait placer une carte expliquant les gravures. Le rocher de Matra a été mis en lumière grâce à une poignée de bénévoles têtus qui ont depuis sorti de l’oubli d’autres trésors.
  • L’exploitation minière de l’arsenic au 19e siècle et la pollution qu’elle a engendrée et qu’elle engendre, aujourd’hui encore. 

Connu par ses très anciennes familles qui y exerçaient leur féodalité au temps de Paoli, le village de Matra appartenait à  l’ancienne piève de Serra. 

Qu'est-ce qu'une piève ?

En Corse une piève était une entité territoriale à la fois religieuse et administrative mise en place par l'autorité pisane à partir du début du XIIème siècle. Conservée par les génois et la monarchie française, elle fut transformée en 1790 en canton. La piève était la subdivision d'un évéché, ce qui confirme son caractère religieux, et était divisée en paroisses. Chaque piève religieuse était dirigée par un abbé, le piévan installé dans l'église principale. Son territoire s'étendait sur les paroisses de plusieurs villages et les curés de ceux-ci se trouvaient placés sous son autorité.

Sous Pascal Paoli, la Corse comptait plus d'une soixantaine de pièves dont les structures ont varié au cours des siècles : ainsi la piève de la Serra a compté entre trois et neuf paroisses, celles d'Ampriani, de Moïta, de Pianellu, de Zalana et de Zuani en constituant les éléments les plus présents. A partir du début du XVIIème siècle, ce sont six communautés (celles citées plus Matra) qui constituent la piève de la Serra. En 1779 la communauté de Zalana avait été rattachée à la piève d'Opino (Tallone plus Zalana, donc). Toponymiquement, le Serra désigne des hauteurs de reliefs (crêtes) par rapport aux autres communes situées en contrebas.

Si aujourd'hui le réseau routier a modifié le contexte géographique ( Zuani semble bien éloigné de Matra et aucun lien ne lie ces deux communes, tout comme Moïta)  il n'en n'a pas été de même lors des siècles passés où la piève, dans sa composition, constituait aussi une entité économique dont les liens étaient établis par tout un maillage de voies de communication.

 La piève de la Serra a connu au cours de son histoire des périodes de prospérité et des périodes plus difficiles. Si les données nous font défaut pour la période médiévale (mais cette partie de l'île a connu des troubles violents liés à la présence des Cortinchi en lutte contre Gênes, comme les relate le chroniqueur G. Della Grossa), elles sont plus abondantes pour la période qui concerne les Révolutions de Corse. La rivalité des Matra contre les Paoli ont alimenté bien des troubles et Zuani a été longtemps considéré ausi bien par Gênes que par la monarchie française comme un village de séditieux: n'oublions pas que c'est au Père Théophile (qui deviendra Saint Théophile) que ce village a dû son salut et n'a pas été rasé par les troupes prussiennes en 1732 (troupes envoyées en Corse par l'empereur Charles VI à la demande de la République de Gênes complètement débordée par la situation). Lors de la deuxième Révolution de Corse, les matristes ont porté le conflit dans les villages de la piève et les combats ont été acharnés: la démographie de ces communautés s'en est d'ailleurs fortement ressentie si l'on juge par l'évolution démographique de cette partie de l'île.

L'âge d'or de la piève semble se situer au début du XVIIème siècle, si l'on se réfère au nombre de tours fortifiées, de maisons de notables et d'églises baroques édifiées dans les villages à cette époque, et ce malgré le péril barbaresque bien présent et redouté (en 1524 Matra et Zuani avaient été attaqués par des Maures ayant débarqué à Aléria).

De par des conditions naturelles relativement favorables, la piève de la Serra a connu une certaine prospérité économique avec des activités en lien avec sa spécificité rurale (absence de villes de proximité comme débouché exclusif): l'agriculture et l'élevage ont de tout temps constitué les deux piliers de l'économie de la piève. Toutefois, si les conditions sont satisfaisantes dans le contexte insulaire, il n'en demeure pas moins que l'évolution des structures et des mentalités a été en retrait par rapport à d'autres contextes: ainsi, les agents chargés de l'établissement du plan terrier en 1795 ont été surpris de voir l'archaïsme et la faible rentabilité des structures agraires de ces villages ( troupeaux abâtardis, moulins en mauvais état, manque d'instruction). Il est vrai qu'à cette époque la piève sortait d'un long conflit (la guerre entre palmistes et matristes) qui avait laissé des cicatrices douloureuses dans la population. Pour autant, cette micro-région, comme on la qualifierait aujourd'hui, était considérée comme prospère: son économie était fondée sur le troc et sur la vente, dans les centres urbains (Corté, Bastia, Cervione), mais également aux Pisans puis aux Génois, de cérales,de châtaignes (Castagniccia oblige, developpée par Gênes), d'animaux ( i reghjoni) et de bois. Un réseau dense de chemins empierrés permettait de relier chaque communauté aux autres, dans la piève elle-même et vers l'extérieur, pour favoriser les échanges: le pont d'Alisu, sur la Bravone, s'inscrivait dans cette volonté, initiée par Gênes, de dynamiser les échanges à son profit.

Vers les XV et XVIème siècle on assiste au développement d'une catégorie d'agriculteurs aisés qui forment une classe sociale de notables et qui, pour bien assumer leur rang, édifient ce que l'on appelle aujourd'hui "des maisons de notables" dont le château de Matra, que l'on peut encore admirer aujourd'hui dans nos villages. Cette classe sociale perdurera d'ailleurs jusqu'au XIXème siècle, créant ainsi des "dynasties" de propriétaires terriens aisés ayant des domaines jusqu'en plaine où se pratiquait une agriculture très extensive: il en était ainsi des Lepidi ou des Panzani à Zuani. Non loin de là, dans le Fium'Orbu, Gênes avait même facilité, dans son propre intérêt, l'installation de ces propriétaires fonciers en créant des "precoji" (domaines fonciers). Il devait certainement en exister dans la plaine d'Aléria, possédée en grande partie par des propriétaires de pianellu, Zuani et Moïta.

Le village possède également la particularité d’avoir connu l’industrialisation avec sa mine d’Arsenic dont l’exploitation va bouleverser la vie des quelques 200 habitants de ce paisible village. 

L’histoire commence à la fin du XIXème siècle,  lorsqu’à la suite d’une crue de la petite rivière A Presa, on découvre la présence du gisement. Le filon s’avère très riche et représente un énorme enjeu économique en ce début du XXème siècle car à cette époque, l’arsenic dont on ignore encore la toxicité est utilisé dans la métallurgie, la pharmacie, la lutte contre les parasites agricoles ou domestiques...

Pourtant, c’est durant la Grande Guerre que le poison fera le plus de dégâts. L’acide arsénieux est un puissant neurotoxique puisqu’il entre dans la composition des gaz de combat.

Après avoir déposé un brevet au cours de l’année 1908, la société l’ARSENIC dirigée par Louis Charli, Ingénieur-Directeur, va activement exploiter le gisement.

En 1912, la mine tourne à plein régime. Chaque jour, des hommes et des femmes arrivent à pieds des villages voisins pour gagner un salaire de misère et supporter dans des conditions de travail effroyable les poussières toxiques. Un grand nombre d’étrangers venus d’Italie et même des pays de l’Est s’installent au village. La population de Matra double rapidement et avec elle, le commerce se développe.

En 1914, la mine en pleine expansion malgré la pénurie de main d’œuvre, s’active pour l’armée et lui fourni ses gaz mortels.

De 1922 à 1936, l’usine d’Arsenic va connaitre une longue période d’inactivité.  Elle reprendra cependant normalement son activité après une mise à niveau de ses équipements.

En 1939, L’usine recrute à nouveau pour subvenir aux besoin de l’armée qui a besoin encore une fois de reconstituer ses stocks de gaz de combat.

Malgré une mise à niveau des équipements, les difficultés liées aux coûts des transports et la deuxième guerre mondiale mettront un terme à l’exploitation de la mine en 1946.

A Matra l’exploitation de la mine d’Arsenic n ’a pas laissé que de bons souvenirs.

Les percements des nombreuses galeries qui ont plus de dix mètres de profondeur et qui  débouchent directement dans le lit de la rivière où s’entassent les déblais et de nombreux déchets, ont engendré une pollution qui subsiste encore aujourd’hui.

Abandonnées sur un sol recouvert d’une poudre jaune orangée, les cuves de la laverie rappellent encore que dans l’une d’entre elles est morte une des habitantes du village. 

La page de cette époque malheureuse est désormais tournée mais la présence de cette mine à ciel ouvert et de cette montagne entaillée au dessus du village reste un lieu de mémoire, un morceau de notre histoire dont bien peu se souviennent.

Bonne visite !

Additional Hints (Decrypt)

Yn pnpur qr Zngen rfg qvffvzhyér qnaf har avpur q’nffnvavffrzrag q’ha zhe qr fbhgèarzrag fvghé fhe y’ninag qr y’étyvfr cnebvffvnyr Fna Oreaneqvah.

Decryption Key

A|B|C|D|E|F|G|H|I|J|K|L|M
-------------------------
N|O|P|Q|R|S|T|U|V|W|X|Y|Z

(letter above equals below, and vice versa)