La caserne Chabran
Les actuels bâtiments qui servent de logements, clinique et locaux (visibles à coté et derrière le CGR) sont en réalité les anciens bâtiments réhabilités de la caserne Chabran. L’enceinte militaire Chabran a été construite en 1913 alors que Draguignan est déjà la capitale de l’artillerie. Elle reçoit en premier lieu le 7eme bataillon alpin des chasseurs à pieds.
Le début de la Seconde Guerre mondiale
À la déclaration de la Seconde guerre mondiale le 3 septembre 1939 suite à l’attaque de la Pologne par l’Allemagne, le 363e bataillon RALP et le 141e RIA présents à Draguignan sont affectés en différents endroits en France pour assurer la défense du territoire. Une partie est notamment présente dans le Nord Est de la France et tente de stopper la progression allemande tandis qu’une autre est affectée à la défense du littoral en vue de faire face à une possible offensive italienne. Suite à la signature de l’armistice du 22 juin 1940 avec l’Allemagne puis le 24 avec l’Italie, toutes les unités militaires de métropoles sont dissoutes.
La défaite puis l’occupation pendant la guerre
Au cours du mois de juillet 1940, les différentes troupes stationnées à Draguignan sont dissoutes. Désormais seule une armée d’armistice de 100 000 hommes est présente pour toute la France. Elle est uniquement en charge de la gestion de services d’ordre intérieur. Parmi celle-ci figure le 10e régiment d’artillerie coloniale (RAC) reçu dans la garnison de Draguignan.
Parallèlement, ce contexte est également marqué à la caserne Chabran par l’arrivée de l’école militaire enfantine Héricot composée de 150 orphelins pupilles de la Nation âgés de 5 à 13 ans. Ils sont préparés au certificat d’études puis certains choisissent d’embrasser une carrière militaire tandis que d’autres lui préfèrent le civil. Elle reste à Draguignan jusqu’à l’arrivée des troupes allemandes.
La vie est alors plutôt calme dans cette France du Sud dite « libre ». Puis en 1942 en réaction au débarquement américain en Afrique du Nord, tous les régiments de l’armée d’armistice sont dissous y compris le 10e RAC. L’intégralité de la France est désormais occupée. Il n’y a plus de troupes militaires françaises à Draguignan. Le 14 novembre 1942, les troupes italiennes s’installent dans la ville jusqu’en septembre 1943, date de leur armistice avec les Alliés. Ils sont alors remplacés par les troupes allemandes qui s’installent à la caserne Chabran ainsi que la caserne Abel Douay tandis que le 1er bâtiment de la caserne Chabran est réservé aux prisons de la Gestapo.
La Libération : l’opération « Anvil Dragoon »
Lors du débarquement de Provence qui débute le 15 août 1944, le quartier Chabran est en partie bombardé par les Américains. Plusieurs bâtiments militaires sont détruits dont la prison de la Gestapo. C’est ainsi que Jean Garrus prisonnier au rez-de-chaussée a pu s’échapper de cette prison malgré les actes de torture qui lui sont infligés par la Gestapo : martyrisé, brûlé au fer, couvert de brûlures de cigarettes (150)... En effet, celle-ci tente de faire parler Jean Garrus qui est alors le chef d’arrondissement du mouvement « Libération » sous le nom de code « Mistral ». Il a été arrêté suite à une dénonciation le 22 juillet 1944. Après avoir été emmené à Nice puis à Montferrat et enfin à Draguignan il y est condamné à être fusillé le 16 août 1944 soit le lendemain de son évasion. Lorsqu’il parvient à s’extraire de la prison de la Gestapo et malgré les blessures infligées lors des actes de torture subis, il aide un soldat allemand grièvement blessé par l'explosion afin de le sauver.