PIERRE GRISE DE MONTRÉAL
À l’époque de l’Ordovicien, il y a 450 millions d'années, la région de Montréal se trouvait sous les tropiques, au niveau de l’équateur terrestre. Une mer peu profonde et chaude, partie de l’océan Iapétus, recouvrait la région. Elle foisonnait d’organismes marins qui en mourant se déposaient au fond de l’eau. Leurs carcasses et les sédiments formés du sable et de la boue riche en carbonate se sont accumulés, formant des dépôts calcaires. C’est dans ces roches sédimentaires, que les blocs de pierre des maisons et édifices de la ville de Montréal ont été taillés pendant quelques 350 ans.
Selon les caracteristiques propres à chaque “lit de calcaire”, ce calcaire pouvait servir soit de pierre de taille ou de pierre pour la production de la chaux. C’est le calcaire anciennement exploité pour la pierre de taille que l’on a surnommé de “pierre grise de Montréal”. Quelque soit le type de calcaire, on pouvait également en faire des moellons, c. à d, des pierres de construction de petite taille.
Du point de vue géologique, les calcaires de la région de Montréal font partie des larges groupes géologiques de Trenton et/ou de Chazy. Ces calcaires se présentent en lits réguliers de 10 à 30 cm d'épaisseur, séparés par des veines de shales noirs. La roche est grise et la couleur de sa patine d'altération varie de gris pâle à gris-chamois.
La formation de Tétreaultville est la moins fossilifère du groupe de Trenton. Les fossiles les plus abondants et les plus faciles à observer à l'oeil nu sont les tiges de crinoïdes. Ces tiges ont l'aspect de petits disques de calcite à centre percé, en coupe transversale et de petits bâtonnets cloisonnés, en coupe longitudinale.
Donc, depuis le début de la colonie jusqu’aux années 1930, la pierre grise de Montréal, facile à tailler, servait à la construction des bâtiments montréalais et/ou autres. À titre d’exemple, mentionnons l’hôtel de ville, la basilique Notre-Dame et le Marché Bonsecours à Montréal, ou encore la Citadelle de Québec à Québec!
Il va de soi que plusieurs carrières de pierre existaient à Montréal. Ainsi, par exemple, au parc Sir Wilfrid-Laurier, dans le Plateau-Mont-Royal, un important réseau de carrières s’étendait vers le nord-est jusqu’au parc Père-Marquette, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. Ces carrières étaient si vastes qu’on a dû à l’époque construire un pont pour permettre aux trains qui empruntaient la ligne de chemin de fer Occidental Railway de les enjamber.
À la fin des années 1920, la plupart des carrières de pierre grise de Montréal sont fermées et dès 1933, la ville interdit d’en ouvrir de nouvelles et défend l’exploitation de celles qui existent sur son territoire.
Entre les années 1920 et 1940, la ville acquiert plusieurs carrières dans le but d’y enfouir des déchets, de les remblayer, puis d’en faire des parcs. En effet, rare sont les Montréalais qui savent que les parcs Baldwin et Sir Wilfried-Laurier dans Plateau Mont-Royal, les parcs Père Marquette, Rosemont, du Pélican, Lafond et Maisonneuve dans Rosemont-La Petite-Patrie, le parc Lalancette dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve ou le parc Fréderic-Bach dans Villery-Saint-Michel-Parc-Extention, sont des anciennes carrières! Et il y en a d’autres.
Après les fermeture de plusieurs carrières, on commence à importer le calcaire de l’Ontario et même des États-Unis.
Les coordonnées indiquées vous amèneront vers l’un des derniers édifices de Montréal bâti avec la pierre grise de Montréal. En effet, le Centre communautaire Duquesne, est un ancien chalet de ce qui fut autrefois la pépinière de Montréal. Il logeait, entre autre, le jardinier Joseph Guinois. Les plans du chalet ont été conçu par l'architecte Roger Dumas en 1949 et l'édifice a été inauguré le 14 juillet 1952, en présence du maire de Montréal de l’époque, M. Camillien Houde.
Faites le tour complet de l’édifice en regardant attentivement les pierres, Bien que taillées “carré”, elles n’ont pas nécessairement la même grandeur. Grises, plusieurs ont des fossiles ou des fragments des fossiles.

Pour inscrire cette cache géologique comme trouvée, veuillez communiquer par courriel avec le propriétaire de la cache en répondant aux questions suivantes:
1-Regardez les murs de l’édifice. Est-ce que toutes les pierres qui les forment ont la même couleur grise? Élaborez votre réponse.
2-Trouvez une roche contenant un fossile ou des fragments de fossile. Quelle la couleur du fossile ou des fragments de fossile?
3- Rendez vous à l’arrière de l’édifice, tout près de la porte bleue: N 45° 34.724 W 073° 32.974. Immédiatement à droite de la porte bleue, à une hauteur d’un mètre, se trouvent deux pierres grises qui se touchent, contenant chacune un fossile (ou fragment de fossile) en forme de lettre de l’alphabet, mais inversé. La lettre de la première pierre se trouve à la bordure en bas de la pierre. La lettre de la seconde pierre se trouve à la bordure gauche de la pierre. Quelles sont ces deux lettres?
Condition facultative:
N’importe quelle photo du site ou l’environnement autour du site est bienvenue. SVP, ajoutez-la (les) avec votre log. Mais pas de spoiler!
Bibliographie :
On trouve plusieurs articles portant sur la pierre grise de Montréal sur l’Internet.
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GRAY STONE OF MONTREAL

During the Ordovician period, 450 million years ago, the Montreal region was located in the tropics, at the level of the earth's equator. A warm and shallow sea, part of the Iapetus Ocean, covered the area. The sea was full of all kinds of marine organisms which once dead, were deposited at its bottom. Their carcasses and sediments formed from sand and carbonate-rich mud accumulated, forming limestone deposits. It is in these sedimentary rocks that the stone blocks of the houses and buildings of the city of Montreal were cut for some 350 years.
Depending on the characteristics specific to each “limestone bed”, this limestone could be used either as cut stone or as stone for the production of lime. It is the limestone formerly exploited for cut stone that has been nicknamed “gray stone of Montreal”. Whatever the type of limestone, it could also be made into rubble, that is to say, small building stones.
From a geological point of view, the limestones of the Montreal region are part of the large Trenton and/or Chazy geological groups. These limestones appear in regular beds 10 to 30 cm thick, separated by veins of black shale. The rock is gray and the color of its weathering patina varies from pale gray to buff-grey.
The Tétreaultville formation is the least fossiliferous of the Trenton group. The most abundant fossils and the easiest to observe with the naked eye are crinoid rods. These rods look like small calcite discs with a pierced center, in cross section, and small septate sticks, in longitudinal section.
So, from the beginning of the colony until the 1930s, the gray stone of Montreal, easy to cut, was used in the construction of Montreal and/or other buildings. For example, let us mention the city hall, the Notre-Dame Basilica and the Bonsecours Market in Montreal, or even the Citadel of Quebec in Quebec!
It goes without saying that several stone quarries existed in Montreal. Thus, for example, at Sir Wilfrid-Laurier Park, in the Plateau-Mont-Royal, a major network of quarries extended northeastward to Père-Marquette Park, in the borough of Rosemont–La Petite -Country. These quarries were so large that a bridge had to be built to allow trains using the Occidental Railway line to cross them.
At the end of the 1920s, most of Montreal's gray stone quarries were closed and from 1933, the city forbade the opening of new ones and defended the exploitation of those that existed on its territory.
Between the 1920s and 1940s, the city acquired several quarries with the aim of burying waste, backfilling it, then turning it into parks. Indeed, few Montrealer know that the Baldwin and Sir Wilfried-Laurier parks in Plateau Mont-Royal, the Père Marquette, Rosemont, du Pélican, Lafond and Maisonneuve parks in Rosemont-La Petite-Patrie, the Lalancette park in Mercier -Hochelaga-Maisonneuve or the Fréderic-Bach park in Villery-Saint-Michel-Parc-Extention, are old quarries! And there are others.
After the closure of several quarries, we began to import limestone from Ontario and even the United States.
The coordinates indicated will take you to one of the last buildings in Montreal built with Montreal gray stone. Indeed, the Duquesne Community Center is a former chalet of what was once the Montreal nursery. It housed, among others, the gardener Joseph Guinois. The plans for the chalet were designed by architect Roger Dumas in 1949 and the building was inaugurated on July 14, 1952, in the presence of the mayor of Montreal at the time, Mr. Camillien Houde.
Take a complete tour of the building, looking carefully at the stones. Although cut “square”, they are not necessarily the same size. Gray, many have fossils or fragments of fossils.

To register this geological cache as found, please contact the cache owner by email by answering the following questions:
1-Look at the walls of the building. Do all the stones that form them have the same gray color? Elaborate your answer.
2-Find a rock containing a fossil or fossil fragments. What is the color of the fossil or fossil fragments?
3- Go to the back of the building, near the blue door: N 45° 34.724 W 073° 32.974. Immediately to the right of the blue door, at a height of one meter, are two gray stones touching each other, each containing a fossil (or fossil fragment) shaped like a letter of the alphabet, but reversed. The letter of the first stone is at the bottom edge of the stone. The letter of the second stone is on the left edge of the stone. What are these two letters?
Optional condition:
Any photo of the site or the environment around the site is welcome. Please add it(them) with your log. But no spoilers!
Bibliography:
There are several articles about Montreal gray stone on the Internet.