Le Palais de Poitiers.

Un palais est mentionné au IXe siècle au moment où l’empereur Louis le Pieux séjourne à Poitiers, au cours de l’hiver 839-840. À partir du Xe siècle, le Palais représente le symbole de l’autorité des comtes de Poitiers qui imposent progressivement leur indépendance au roi de France et leur souveraineté à l’Aquitaine.
Le XIIe siècle modifie profondément son architecture et son rôle dans la cité. Le Palais sert alors de résidence temporaire à Aliénor d’Aquitaine et à ses deux époux successifs (Louis VII roi de France, suivi d’Henri II roi d’Angleterre) puis à son fils Richard Coeur de Lion. De cette période date la construction de la grande salle d’apparat, un des plus beaux exemples d’architecture civile médiévale en France. C’est dans cette salle que le comte reçoit l’hommage de ses vassaux.
Au milieu du XIIIe siècle, Alphonse de Poitiers, devenu comte de Poitou, fait des travaux considérables dans la ville. Il acte la séparation des fonctions entre le « Château », structure résidentielle (mentionné en 1232 et situé à la confluence du Clain et de la Boivre), et le « Palais », où est installée l’administration royale en plein essor. La grande salle est le lieu privilégié de grands événements liés à l’Histoire de France. En 1307- 1308, le pape Clément V y séjourne pendant 16 mois, afin de rencontrer le roi de France. Depuis Poitiers, il gouverne la chrétienté et réunit le consistoire*. Les réunions les plus importantes
avaient lieu au palais, notamment l’une de celles qui a décidé la suppression de l’ordre des templiers. À la fin du XIVe siècle, Jean de France, duc de Berry et comte de Poitou, embellit la ville en conduisant une politique de grands travaux notamment au sein du Palais. Pendant la guerre de Cent Ans, le futur roi Charles VII y installe une partie de son gouvernement. Poitiers devient alors l’une des deux capitales de ce qui deviendra le royaume de Bourges. Le Palais héberge jusqu’en 1436 le siège de plusieurs grands organes de l’administration royale, dont le Parlement et la Cour des aides.
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À partir de 1436, le destin du Palais reste lié aux fonctions administratives et judiciaires de la province et héberge la Sénéchaussée* du Poitou. En 1453 se déroule dans la grande salle le procès de Jacques Coeur, ancien grand argentier du royaume de France. Au cours des XVIe et XVIIe siècles, le monument accueille de nouvelles cours de justice, entraînant des phases de construction et d’embellissement. À la Révolution, l’ancien Palais ducal devient Palais de Justice. Des travaux de grande ampleur sont lancés afin de désenclaver l’édifice et de l’adapter à ses nouvelles fonctions.
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| Le XIXe siècle s’accompagne d’une véritable redécouverte du Palais, dont une partie de la mémoire avait été perdue. Entièrement masquée par des habitations privées, la tour Maubergeon ne réapparaît ainsi qu’à la faveur de l’effondrement de maisons à partir de 1845. En 1862, Viollet-le-Duc écrit que « nous avons peu d’édifices civils en France qui aient l’importance du Palais des comtes de Poitiers ». Cette même année, l’édifice est classé au titre des Monuments historiques. |
RÉSIDENCE DES COMTES DE POITOU – DUCS D’AQUITAINE,
Reposant sur une motte imposante, le Palais prend appui sur l’enceinte gallo-romaine, dont un pan est conservé dans le square Jeanne d’Arc. L’entrée principale du Palais se faisait en face de la rue de la Cathédrale, grâce à un pont en pierre construit vers 1130 qui enjambait le fossé (qui sera comblé au XIIIe siècle). Ce pont, dont certains vestiges sont conservés dans des habitations et des commerces rue du Marché Notre-Dame, se compose de plusieurs arches surmontées d’un parapet portant des modillons sculptés de têtes animales. Comme tous les édifices de l’Europe médiévale, le Palais comportait une aula (salle officielle du Palais), une tour et une chapelle. La chapelle Saint-Vivien est mentionnée dès 1146. Elle sera détruite en 1824.
LA SALLE DES PAS PERDUS
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Construite dans un style gothique angevin, la grande salle d’apparat – ou aula – est l’une des réalisations architecturales éminentes du Moyen Âge. Cette salle mesure environ 17 m de large pour 50 m de long. Sur le modèle d’autres grandes salles palatiales, elle était à l’origine partagée en deux ou trois vaisseaux, par des poteaux de bois ou de grandes arcades. Les murs en bel appareil sont rythmés par de grandes arcatures* portées par de fines colonnettes, différentes d’une façade à l’autre, et dont certaines reposent sur des encorbellements sculptés. |
| Au nord-est, un portail du XIIe siècle décoré de chapiteaux à feuillages permettait d’accéder à l’ancien pont roman. Les sculptures des chapiteaux et des culots de la salle offrent une grande variété, évoquant le répertoire décoratif de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers. De petits personnages accroupis et des têtes humaines accompagnent des masques grotesques, dont la plupart ont été refaits au XIXe siècle. |
| À partir de 1388, l’architecte Guy de Dammartin reconstruit entièrement le mur sud de la salle, à la demande de Jean de France, duc de Berry. Le mur reçoit alors trois cheminées monumentales, un balcon et de vastes baies. Il est largement éclairé par de hautes verrières, que traversent les conduits des cheminées. Le affinement de cette réalisation traduit l’apogée de l’art gothique, à l’aube du style flamboyant. Encadrant les gâbles des fenêtres, quatre statues monumentales rappellent les anciens maîtres des lieux, à savoir le roi Charles VI et la reine |
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| Isabeau de Bavière, entourés du duc de Berry et de sa seconde femme Jeanne de Boulogne. Les cheminées portent une ornementation très soignée avec notamment les anges tenant les blasons. Ces derniers, refaits au XXe siècle, représentent de gauche à droite les armes de Berry, les armes de France et celles de Boulogne. La charpente est refaite à plusieurs reprises, la dernière fois entre 1861 et 1865. Des mentions du XVIIe siècle laissent penser que la salle était à l’origine couverte d’un lambris. |

LA TOUR MAUBERGEON
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À la fin du XIVe siècle, le duc de Berry fait reconstruire la tour Maubergeon. L’architecte Guy de Dammartin dote la tour d’une enveloppe au décor moderne et raffiné, selon un plan rectangulaire flanqué de quatre tours d’angle circulaires. Le chantier s’arrête brutalement vers 1389 et les parties hautes de la tour ne seront jamais achevées. À l’intérieur, le premier niveau est occupé par une grande salle voûtée d’ogives, reposant sur trois piles* polygonales. Chaque tourelle d’angle abrite une petite salle hexagonale, couverte d’une voûte d’ogives reposant sur des |
| consoles sculptées. À l’extérieur, les fenêtres gothiques confèrent à l’ensemble un aspect de résidence princière plutôt que de forteresse. Seize statues monumentales couronnent le sommet de la tour et représentent les principaux vassaux groupés autour du duc de Berry et de Jeanne de Boulogne. Comme dans la Salle des Pas Perdus, les sculptures sont représentatives de la statuaire du XIVe siècle. Selon la tradition, c’est dans cette tour qu’aurait été conduit l’interrogatoire de Jeanne d’Arc par les docteurs de Poitiers en mars 1429. |
LE PALAIS DE JUSTICE
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La Révolution réorganise en profondeur le système judiciaire français. Les justices seigneuriales sont abolies, les parlements sont supprimés. Pour accueillir les tribunaux, de nouveaux palais de justice sont érigés dans les villes. À Poitiers, le choix est fait d’investir l’ancien palais des ducs d’Aquitaine. L’architecte Vétault perce en 1822 une entrée monumentale à l’opposé de l’entrée historique. Placé en haut d’une volée d’escalier, le porche néoclassique à colonnes surmonté d’un fronton évoque la rigueur de la loi et l’unité de la Nation. Il agrandit aussi la grande salle d’audience, ce qui entraîne la destruction de la chapelle Saint-Vivien |
| et des anciennes prisons. L’aile de style classique en avancée sur la place Lepetit est construite entre 1850 et 1853. À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, les architectes Lucien Magne et Jean-Camille Formigé, travaillent à des projets ambitieux de restitution de la tour Maubergeon. Viollet-le-Duc propose de doter la tour d’un chemin de ronde sur mâchicoulis avec des tourelles en poivrière*. Faute de moyens, ces projets n’aboutissent pas. |
LE PALAIS AUJOURD’HUI
Après avoir été lieu du pouvoir puis palais de justice, l’édifice entame une nouvelle ère de son histoire avec le départ, en 2019, des services de la Justice vers un nouveau Palais de Justice, dans l’ancien lycée des Feuillants. La Ville de Poitiers dessine un nouveau projet pour le Palais des ducs d’Aquitaine et son uartier, autour d’un fil conducteur : que l’excellence de la création contemporaine vienne révéler son patrimoine d’exception. Depuis 2016, une large réflexion est engagée par la Ville et ses partenaires, sur le devenir de ce quartier, coeur historique et patrimonial de la ville. Le Projet du Quartier du Palais allie trois composantes :
• le Palais, sa révélation et sa réinvention ;
• un projet urbain pour qualifier les parcours et développer l’attractivité ;
• des événements culturels pour mettre enmouvement le projet.
Après son acquisition par la Ville de Poitiers, l’édifice fera l’objet de fouilles et de recherches, pour mieux connaître et comprendre son histoire. Il sera ensuite rénové pour accueillir des manifestations et projets culturels, patrimoniaux, commerciaux ou encore touristiques. Au-delà du Palais, c’est tout le quartier autour de l’édifice qui est concerné par le projet. Devenant de nouveau traversant, le Palais pourra développer un cheminement naturel vers le quartier de la cathédrale, reliant ainsi le Musée Sainte-Croix, le baptistère Saint-Jean et la cathédrale Saint-Pierre avec la naissance d’une troisième place structurante pour Poitiers. L’événement Traversées\Kimsooja, dont la première édition s’est déroulée du 12.10.2019 au 19.01.2020, a constitué l’acte fondateur du Projet du Quartier du Palais. Conciliant création contemporaine et patrimoine, il a proposé de nouveaux parcours dans la ville et a séduit plus de 165 000 visiteurs.
HORAIRES
L'entrée est libre et gratuite
Du lundi au vendredi => de 11h à 20h
Mercredi => de 13h à 18h Visite de la tour Maubergeon
Weekends, jours fériés et vacances scolaires => de 11h à 20h
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Pour valider cette Cache :
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1 - Vous devrez prendre 2 photos. Une au point de référence : Photo 1 et l'autre au point de référence : Photo 2 et inclure votre pseudo geocaching lorsque vous prenez la photo. Vous pouvez l'écrire sur un papier, votre main... ou être créatif! (montrer votre visage n'est pas obligatoire).
Pour les équipes, chacun poste son log avec son pseudo perso, les logs de teams ne seront pas accéptés.
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Les logs sans photo, sans pseudo ou ne satisfaisant pas les conditions seront supprimés sans notification. Montrer son visage est optionnel pour garantir la confidentialité de chacun.
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Exemple photo 1 :

Au choix et en fonction de l'ouverture de la grille.
Si toutes fois une grille vous empêche d'atteindre le spot de la photo 1, envoyez moi une photo de cette grille.
Exemple photo 2 :

Bien évidement ce type de photo montage ne sera pas accepté.
Virtual Rewards 4.0 - 2024-2025
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