Dès le 16ème siècle, les moulins souterrains du Col-des-Roches ont exploité l'énergie hydraulique du Bied du Locle. Ce ruisseau, qui prend source entre La Chaux-de-Fonds et Le Locle sur le territoire de La Sagne, est canalisé sous le Locle puis réapparaît sous forme de résurgence dans le col des Roches où il est alors nommé Rançonnière. Dès lors, il fait office de rivière frontalière sur 3 kilomètres avant de se jeter dans le Doubs à Villers-le-Lac. Une conduite creusée sous le col dérive les eaux du Bied pour éviter les inondations et alimenter la centrale.
Le 1er avril 1890, la centrale hydroélectrique de la Rançonnière est mise en service et assure alors l'éclairage public du Locle grâce à deux turbines de 220 ch entraînant chacune deux tynamos Thury à courant continu de 80 kW. Le 15 juin 1890, une fête d'inauguration a lieu sur la Place du Marché. Entre 1891 et 1989, l'énergie électrique utilisée au Locle est passée de 400'000 kWh, produits uniquement par la Ranconnière, à 52'000'000 kWh.
Aujourd'hui, la centrale est toujours en fonctionnement, exploitée par Viteos SA. Elle est capable de produire 1400 kW grâce à ces deux turbines type Francis.
Derrière la centrale, vous trouverez une autre démonstration de l'importance du lieu sur le plan énergétique puisqu'il s'agit du point d'entrée sur le territoire Suisse de l'oléoduc sud-européen, représenté par deux panneaux se faisant face : l'un est orange du côté suisse et bien connu des neuchâtelois, l'autre est blanc du côté français. La borne frontière est visible à quelques mètres du panneau blanc. Cet oléoduc transporte du pétrole brut vers la raffinerie de Cressier.