23 - Chapelle St Wilmer & St Wandrille
Sur la voie verte entre la Haye du Puits et Coutances, anciennement une voie ferrée, subsistant encore les maisons des gardes-barrières.
Malheureusement, la n°23 n’apparaît dans aucune des sources que nous avons consultées. Cependant, ce chemin est le seul situé entre les repères n°22 et n°24. Nous pouvons en déduire qu’une maison de garde-barrière existait ici, mais qu’elle a disparu depuis longtemps, sans laisser de trace documentée.
Poursuivons notre balade en faisant un détour à cette petite chapelle construite au XIVe siècle proche du manoir de l’Épinerie, de l'ancienne voie romaine et du chemin Perré.
Délabrée vers 1800, la chapelle fut vendue comme bien d’Église à la Révolution. Elle passa alors entre les mains d’un catholique qui la fit restaurer en 1830. Elle ne retrouva sa vocation religieuse qu’en 1923 mais elle restera pendant longtemps dégradé notamment par la Seconde Guerre mondiale et le manque d’entretien de la part du propriétaire jusqu'en 1971 avec les abbés Lechat et d'Osmond qui encouragèrent Jean Fautrad, nouveau propriétaire du terrain, à entreprendre la restauration de la chapelle. Des bénévoles passionnés (couvreurs, menuisiers, maçons) se relayèrent pour redonner vie à ce lieu.
On y trouve désormais : Une statuette en pierre du XIVe siècle insérée dans le mur est, des portes et fenêtres du XVIIIe siècle, un petit retable entouré d’un carrelage coloré de la même époque, une piscine liturgique trilobée du XVe siècle et un lutrin en bois, original par son système de rotation.
Lieu de pèlerinage, la chapelle est dédiée à saint Wilmer (plus connu sous le nom de "Wulmer") et saint Wandrille, invoqués pour la guérison des maux d’entrailles chez les jeunes enfants. Saint Wilmer y est représenté d’une manière saisissante : tenant ses intestins dans ses mains.
Né au 7ᵉ siècle près de Boulogne, à Samer (alors appelé Sylviacum), saint Wulmer tomba amoureux d’une jeune fille nommée Osterhilda. Cependant, leur mariage fut annulé car, selon les lois franques, elle avait été promise à un autre, un certain Wilmer. Bouleversé, Wulmer abandonna le monde et entra à l’abbaye d’Hautmont comme moine.
Là, il mena une vie humble, accomplissant des tâches pénibles tout en rendant secrètement service aux autres moines. Il apprit à lire avec ardeur, et l’abbé lui permit de se consacrer pleinement à ses études. Devenu prêtre, il choisit la vie d’ermite et s’installa dans un chêne creux en Flandre, vivant de racines et d’herbes.
Un seigneur, averti en songe par Dieu, le retrouva et lui offrit un ermitage sur ses terres. Mais, lorsque la foule se mit à affluer, Wulmer repartit se cacher dans les forêts familiales entre Desvres et Tangry. Là, il fut retrouvé par son frère Wamer, mais refusa de revenir à la vie en société.
Pour gérer les visites, il installa un système avec une tablette à frapper. Finalement, il accepta de guider ceux qui le suivaient et fonda un monastère, puis un autre pour les femmes à Wierre-aux-Bois. Ses constructions contribuèrent au défrichement de la région.
Wulmer mourut vers 710. Ses lieux de pelerinage sont souvent dans un arbre ou dans un ermitage en forêt, comme à Millières.
Wandrille, aussi appelé Wandon (latin Wandregisilius), est un moine né vers l’an 600 près de Verdun dans une famille noble d’Austrasie. Marié par obligation, lui et sa femme choisirent la vie monastique. Après avoir vécu au monastère de Montfaucon, il partit vers 635 à Bobbio en Italie, puis s’installa dans le Jura à Romainmôtier où il vécut en disciple pendant une dizaine d’années. Devenu prêtre, il évangélisa les campagnes près de Rouen avant de fonder en 649 le monastère de Fontenelle (futur abbaye Saint-Wandrille) avec son neveu Gond, prônant l’union, la charité et l’humilité. Il mourut en 668.
Ses reliques furent déplacées plusieurs fois durant les invasions normandes, vénérées notamment à Boulogne-sur-Mer et à Gand. Elles sont aussi honorées aujourd’hui au Québec.
Bonne recherche