
#7
L’autre a changé l’fusible et le jour s’en est revenu.
J’ai mis un temps à comprendre pourquoi j’avais d’la gomme dans le cigare. C’est à cause des mots qui s’écrivent à l’intérieur parfois quand j’sors du noir.
Je maîtrise pas, c’est comme un revire-marion, d’un coup paf, c’est là!
Sûrement une manigance de cette sylphe qui m’a tapé la cervelle pour que j’lui braille de la boue de bagou.
J’suis comme un zombi, je m’souviens de ma rimaille de la nuit.
Une aube discrète se fait un chemin laiteux à la frange des loups.
Les ombres se trainent jusqu’à des coins plus sombres encore.
Vive, la clarté fatale les éteint.
Je ravale mon âme de nuit, ma langue de fol et de feu, celle qui me dit vrai mais qui te ment.
Maintenant je suis le pantin de ma marche. Je remonte le cours de l’eau qui jamais ne s’arrête.
Je vais à l’avant du jour pour m’aveugler au clinquant de la lumière qui change tout en or.
Envouté par l’artifice, je m’abîme, je me soumets, je chavire à la beauté.
J’attends, j’habille le monde de silence, de pauses et de possibles.
Peut-être que le souffle enfiévrant de l’amour, qu’on dit imposteur, brûlera mon coeur.
Quelle importance! Car qui n’a jamais aimé n’est pas vraiment vivant.
J’suis perdu dans l’nirvana, je m’pense invisible aux pélots. Sauf qu’avec l’heure y s’sont multipliés au soleil. Alors pardi, ma pomme est en trop. C'est un malabar qui m'donne du moulin gratos:
Eh lambin à cucule! Tu vas stagner ici de laudes à complies? Libère donc la place pour qu’on se pose au soleil aussi.
J’donne pas dans la chamaille. Le soleil est partout quand tu pars loin des coins sans i.
Sont un peu drôles les gens du cru. Mais bon, je pense que je vais zoner encore un peu par ici.
Arghhh c'est beau c'te ville quand même.