Depuis quelques décennies, des boulangers et pâtissiers de la ville et d’ailleurs, présentent à leur clientèle des « brioches de Nanterre ». Cette spécialité se réfère aux « petits gâteaux de Nanterre », très en vogue à Paris dès le XVIe siècle. Les marchandes qui les vendaient connurent alors une certaine célébrité.
Selon la tradition, ces fameux « petits gâteaux » auraient pour origine les eulogies (petits pains bénits) qu’en l’an 451, l’archidiacre d’Auxerre apporta, au nom de l’évêque Germain, à Geneviève (laquelle avait alors quitté Nanterre pour Paris). Il s’agissait de conforter son autorité, contestée par les Parisiens, alors qu’elle tentait de les dissuader de fuir devant la menace d’invasion d’Attila. Saint Germain étant mort en 448, il n’avait pas pu lui envoyer les petits pains. Dans l’urgence, l’archidiacre a dû estimer que puisque Germain avait gouverné l’église d’Auxerre pendant trente ans, tout ce qui venait de celle-ci pouvait être considéré comme un don du saint évêque.
On rapporte que, dès avant le XIIIe siècle, ce fut la coutume, certains jours, de distribuer aux chanoines réguliers de l’abbaye de Sainte-Geneviève, des petits gâteaux avec l’empreinte de l’image de la sainte.
Cette origine religieuse a certainement apporté une plus-value à nos gâteaux.
Il est établi qu’il s’en vendait en grand nombre à l’occasion des pèlerinages au Mont-Valérien (alors nanterrien) et dans le bourg, au puits de Sainte-Geneviève, réputé miraculeux, ainsi qu’aux fêtes de la rosière.
Selon les témoignages de voyageurs, les marchandes de Nanterre se montrent offensives.
Ainsi, le prince Charles de Clary, se rendant à Saint-Germain en 1810, décrit son passage en notre cité « où de vilaines femmes vous poursuivent avec des gâteaux de Nanterre qui étouffent ». Mais laissons le prince de cour à ses délicates marquises.
D’ailleurs, les souvenirs d’un autre visiteur du village sont plus aimables : « En entrant dans la patrie de la bergère, patronne de Paris, une jeune et jolie pâtissière, vint à nous, portant des gâteaux dans une corbeille. Robert l’envisage, ses regards s’animent, il lui fait des compliments ; la jeune fille parle de sa marchandise et la conversation devient fort originale… » Il s’ensuit un badinage très allusif qui paraîtrait bien innocent aujourd’hui.
Pour se faire une idée des qualités gustatives de nos gâteaux, fions-nous plutôt à une recette succincte des « vrais gâteaux de Nanterre » selon Pierre Lacam, publiée en 1890 : « Pour 500 grammes de farine, faire le levain avec 150 grammes de beurre, sel, un oeuf, lait. Faire une bonne pâte, mettre le levain. Le lendemain on les rompt, on les moule ronds ; on les fait cuire au four chaud. »
À la conquête de Paris
À Paris, les gâteaux de Nanterre sont connus de longue date. En 1545, Antoine Truquet auteur de Cent et sept cris que l’on crie journellement à Paris prête ce refrain aux marchandes de Nanterre : « À ma brioche chalant ! - Quatre pains pour un tournois - Je gagne peu de monnoys - Et si vays toujours parlant. »
Jean-Jacques Rousseau dans les Rêveries du promeneur solitaire (1776-1778) cite le marchand de gâteaux de Nanterre passant dans le village de Clignancourt (actuel XVIIIe arrondissement de Paris). La vente de ces gâteaux semble être suffisamment lucrative pour que chaque jour les marchandes se rendent dans la capitale, le plus souvent à pied. Un large panier à leur bras contient les gâteaux enveloppés dans un grand torchon. Ils sont particulièrement appréciés quand ils sont encore chauds.
Après avoir figuré dans tous les guides de voyages et de gastronomie, la fabrication des petits gâteaux de Nanterre semble disparaître à partir de 1913 et ne pas avoir survécu à la guerre de 1914 et à la pénurie de blé.
La brioche de Nanterre a réactivé une solide renommée puisqu’on la trouve en Roumanie, en Nouvelle-Calédonie ou aux États-Unis d’Amérique, comme nous l’ont signalé de récents voyageurs nanterriens.
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