- WARISOULX : LE CIMETIÈRE -
CETTE CACHE EST UNE CACHE MÉMORIELLE AYANT ÉTÉ PLACÉE DANS LE CADRE DU CENTENAIRE DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE. AU TOTAL, 23 CACHES DISSÉMINÉES DANS TOUTE L'ENTITÉ DE LA BRUYÈRE ET ENVIRONS (10 MULTIS + 13 MYSTERIES) VOUS MÈNERONT À LA RECHERCHE D'UNE CACHE BONUS (LETTERBOX). L'ENSEMBLE DU PARCOURS COUVRE ENVIRON 45 KM SUR ROUTES ET SENTIERS.
#01 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - RHISNES : LE CIMETIÈRE - #02 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - RHISNES : LA GARE - #03 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - SUARLÉE : LE FORT - #04 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - BOVESSE : LE CIMETIÈRE - #05 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - SAINT-DENIS : MONUMENT & CIMETIÈRE - #06 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - RHISNES : LE MONUMENT - #07 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - ÉMINES : LE CIMETIÈRE - #08 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - MEUX : MONUMENT & CIMETIÈRE - #09 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - VILLERS-LEZ-HEEST : LE MONUMENT - #10 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - WARISOULX : LE MONUMENT - #11 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - WARISOULX : LE CIMETIÈRE - #12 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - COGNELÉE : LE FORT - #13 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - ENTRE COGNELÉE ET ÉMINES - #14 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - AUTOUR DU FORT D'ÉMINES 1 - #15 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - AUTOUR DU FORT D'ÉMINES 2 - #16 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - AUTOUR DU FORT D'ÉMINES 3 - #17 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - AUTOUR DU FORT D'ÉMINES 4 - #18 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - AUTOUR DU FORT D'ÉMINES 5 - #19 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - AUTOUR DU FORT D'ÉMINES 6 - #20 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - AUTOUR DU FORT D'ÉMINES 7 - #21 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - AUTOUR DU FORT D'ÉMINES 8 - #22 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - AUTOUR DU FORT D'ÉMINES 9 - #23 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - AUTOUR DU FORT D'ÉMINES 10 - #24 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - BONUS

VEUILLEZ RESPECTER LE LIEU QUE VOUS DÉCOUVRIREZ. IL PORTE LES NOMS DE WARISOLIENS MORTS POUR NOTRE LIBERTÉ, VICTIMES INNOCENTES D'UNE GUERRE QU'ILS N'AVAIENT PAS VOULUE.
Si celui que nous pleurons n'a pu assister au triomphe de notre Belgique opprimée et meurtrie durant de longs mois d'esclavage, il a, pendant quatre années entières, travaillé sans relâche pour la défendre et lui garder au moins le lambeau de Patrie que l'ennemi n'a jamais pu lui arracher. Extrait de l'allocution du bourgmestre HUCORNE de Warisoulx, à l'occasion des funérailles officielles de Max Defoux, 12.1.1919.
Depuis son statut de neutralité perpétuelle reconnu par les puissances européennes à la conférence de Londres en janvier 1831, la Belgique se devait néanmoins d'assurer la protection de son territoire et d'empêcher ses voisin d'attenter à son statut particulier. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les autorités belges décident de doter le pays d'une série de fortifications "modernes". C'est ainsi que verront le jour la ceinture des forts autour d'Anvers et de son port, ainsi que celles protégeant la vallée de la Meuse. Voie naturelle de pénétration des armées depuis des siècles, la vallée mosane se vit ainsi verrouillée face à l'Allemagne avec les forts autour de Liège et face à la France avec ceux disposés autour de Namur.
En août 1914, ces forts, bien involontairement conçus pour un autre type de guerre, ne résistèrent que peu face à l'invasion allemande. Malgré l'engagement héroïque des garnisons belges, la place forte de Liège fut rapidement submergée par la puissance de feu inouïe des envahisseurs. Il en fut de même aux alentours du 20 août autour de Namur. Notamment attaquée par le nord-est les 21-22 août, là où les forts de Marchovelette et de Cognelée subirent de lourdes attaques, la ville tomba le 25 août. Quant aux forts d'Émines et de Suarlée, ils capitulèrent à la même date.
Issu de la fusion des communes de 1977, l'actuel territoire de l'entité de La Bruyère est administrativement bien différent de la situation en 1914. En effet, chacune des sept anciennes communes de La Bruyère est à cette époque une commune autonome, avec ses propres instances communales. D'ailleurs, l'axe constitué par les forts de Cognelée, Émines et Suarlée traverse de part en part une bonne partie de ces sept villages.
Bien que ces forts eurent à subir une puissance de feu inédite, les villages ont échappé aux massacres de civils et aux destructions, contrairement aux proches villes martyres d'Andenne, Tamines ou Dinant, pour exemples. Seule la ferme de La Bruyère fut touchée involontairement par un tir provenant du fort d'Émines.
Même si nos villages furent "épargnés" par l'invasion proprement dite, ils ne le furent pas par les privations en tout genre imposées par l'occupant durant plus de quatre années. On ne compte pas le nombre de parents, de frères, de sœurs, d'épouses, d'enfants, qui d'un soldat mobilisé lors de l'invasion, qui d'un déporté à l'automne 1916... Les différents monuments jalonnant les rues de nos villages égrainent leurs noms, inlassablement, depuis près d'un siècle. Ils ne peuvent nous laisser indifférents.
Le parcours que nous vous proposons de faire par le biais de cette série de 24 géocaches leur est dédié.
À Warisoulx, les traces mémorielles du drame de la Grande Guerre sont assez nombreuses et rendent hommage à deux soldats morts au combat et trois déportés. Les véritables monuments témoignant de l'immédiat après-guerre se trouvent dans la nef de l'église Saint-Martin, ainsi que dans le cimetière communal. Le monument situé juste à côté de l'église quant à lui date de l'immédiat après Deuxième Guerre mondiale et entretient la mémoire des deux conflits majeurs du XXe siècle.
Dans l'église, deux plaques murales commémoratives sont disposées à l'avant de l'édifice, de part et d'autre du portail. Quant au monument massif jouxtant l'église, son style n'est pas à proprement parler d'entre-deux-guerres, puisque ayant non seulement été inauguré après la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi ayant été complété, au rythme des décès, des noms d'anciens combattants warisoliens. Il en a été question dans votre précédente étape au niveau de la multicache #10 GRANDE GUERRE À LA BRUYÈRE - WARISOULX : LE MONUMENT

Au cimetière communal, trois tombes témoignent encore de ce passé : particulièrement évocatrice, celle du sous-lieutenant M. Defoux et, plus discrètes, celles des déportés Ch. Gérard et J. Jacquet.
La tombe du sous-lieutenant Defoux détonne par rapport aux deux autres sépultures de ce cimetière. Celle-ci - comme beaucoup de tombes de cette époque dans la région - est constituée d'une haute pierre tombale en calcaire du pays. La croix pattée (alésée et arrondie), semblable à celle de l'ordre des Templiers, n'a certainement pas été choisie au hasard : d'après les différents éloges le concernant, la grandeur d'âme, la foi, la vaillance et la générosité du sous-officier médecin sont aisément associables aux valeurs qui animaient les preux chevaliers du Moyen Âge. Autre détail faisant de cette tombe une sépulture hors du commun : la blancheur du marbre de la plaque commémorative disposée verticalement au pied. Celle-ci fait mémoire à Max Defoux, tué à Rumbeke à l'âge de 27 ans (quelque semaines avant l'armistice de 1918 ! ) et établit la liste des décorations reçues par le jeune sous-officier. Chapeautant le tout, un drapeau et sa hampe en forme de lance sont gracieusement disposés au sein d'un double ornement végétal.
La lance n'a, elle aussi, probablement pas été choisie au hasard : dans la tradition gréco-romaine, celle-ci était décernée aux vaillants guerriers en guise de récompense. Ornée ici du drapeau (belge), celui-ci est en berne, rendant, en quelque sorte, les honneurs à celui qui est tombé pour la patrie. Quant aux végétaux, on retrouve, comme à Rhisnes et sur d'autres monuments, les feuilles de laurier et de chêne. Sur la tombe de M. Dolhen, figées dans le métal, on observe, entrelacées, des feuilles de laurier et de chêne. Universellement considérée comme symbole de victoire, de régénérescence, comme toutes les plantes à feuillage persistant (sempervirent), le laurier est également associé à l'immortalité et à la gloire (couronne de laurier). Les feuilles de chêne ont aussi une profonde signification. Non seulement, ceux que l'on doit considérer comme martyrs doivent continuer à vivre, mais doivent aussi être présentés comme solides. Ils doivent conforter notre conviction qu'ils ne sont pas morts en vain. Arbre sacré dans de nombreuses traditions, l'allusion au chêne indique particulièrement la robustesse, la puissance et la longévité, tant au sens matériel que spirituel. Nous retrouvons ici aussi cette idée force que nos martyrs doivent absolument demeurer dans les mémoires. Ainsi, outre l'Espérance chrétienne trônant sur cette tombe, l'usage par les artistes de ce temps de ces symboles végétaux contribue aisément à rendre héroïques les victimes, bien vivantes dans nos mémoires et nos cœurs. Gloria in æternum !
Deux autres plaques commémoratives font mémoire à deux civils décédés des suites de leur déportation en Allemagne (32 Warisoliens seront déportés fin novembre 1916). Il s'agit des infortunés Charles Gérard dont la plaque est posée horizontalement à même le sol et Joseph Jacquet dont la plaque est incluse verticalement à la tombe. Toutes deux sont surmontées d'une croix (à noter que la croix de la tombe Gérard est brisée et gît sur le sol). Les noms respectifs et les dates de décès sont sculptés sur une simple plaque en pierre bleue du pays, dépourvue de symboles. Ces deux pierres tombales sont de facture identique.
Tant les noms de M. Defoux que ceux de Ch. Gérard et J. Jacquet se retrouvent dans l'église de Warisoulx.
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Bibliographie sommaire : F. BERTIN, 14-18. La Grande Guerre. Armes, uniformes, matériels, Rennes, Éditions Ouest-France, 2006 ; J. CHEVALIER et A. GHEERBRANT, Dictionnaire des symboles. Mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres, nouv. éd., Paris, Robert Laffont/Jupiter, 2000 ; D. CONRAADS et D. NAHOÉ, Sur les traces de 14-18 en Wallonie. La mémoire du patrimoine, Namur, Institut du Patrimoine wallon, 2013 ; C. DUNETON, Le monument. Roman vrai, Paris, Balland, 2004 ; R. LECOCQ (éd. responsable) et a., 1914-1918. La Bruyère se souvient..., La Bruyère, 2016 ; R. LECOCQ et P. DEBOIS (dir.), Patrimoine militaire de La Bruyère : Les forts d'Émines et de Cognelée, publication de la Maison de la Mémoire Rurale & Syndicat d'Initiative, La Bruyère, 2007 ; H. LEGROS et a., Gembloux dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, publication du Cercle Royal Art et Histoire, monographie n°4, Gembloux, Les Presses agronomiques de Gembloux, 2014 ; M.-A. TASNIER et R. VAN OVERSTRAETEN, La Belgique et la guerre [1914-1918], t. III : Les opérations militaires, Bruxelles, Henri Bertels ´´´Editeur, 1923 ; A. TIXHON, M. BRASSINE et Ph. BRAGARD, La province de Namur au cœur de la Grande Guerre. Guide du visiteur des commémorations 1914-18 – 2014-18, Namur, Éditions de la Province de Namur, 2013.
POUR GARDER TOUT L'INTÉRÊT DU JEU, MERCI DE NE PAS DÉPOSER DE PHOTO DES INDICES À RÉCOLTER, NI DE LA CACHE, NI DE SES ENVIRONS IMMÉDIATS.
POUR REJOINDRE LA CACHE : PARMI LES 3 WPs, REPÉREZ LES TOMBES RESPECTIVES ET RÉPONDEZ AUX QUESTIONS
Max DEFOUX : A = nombre de titre(s) de noblesse + nombre de décoration(s) reçue(s). B = nombre de fleurs sur la plaque de marbre. C = nombre d'étoiles subsistant aux quatre coins de la plaque de marbre.
Charles GÉRARD : décédé le 25 mars 191D.
Joseph JACQUET : décédé le 26 février 191E.
Cache : N50° 32. (A - B) (D - C) 0 ; E004° 52. (E - 5) (A x B) (E - D)